Dumont, Ce'ram. de la Grèce propre, I, p
2. Op. I., p. 142. Cf. Puttier, Calai, des vases du Louvre , I, p. 141-142.
examiner. Or, pour les raisons exposées tout à l’heure, il n’est pas vraisemblable et à peine est-il possible que des statues aient été importées des pays lointains, en Attique notamment1.
On a répondu à l’une des objections présentées ci dessus que toute œuvre de sculpture n’est pas nécessairement un bloc lourd et mal maniable, et que des statues en bois, telles que l’Égypte en fabriqua en grand nombre, étaient peu pesantes et d’un transport aisé2. 11 est vrai; mais il faut considérer, après les facilités du transport, celles de la vente. Pourquoi aurait-on transporté au loin des statues qui n’étaient pas des objets de vente? Les premières statues que les Grecs aient eues furent celles de leurs dieux, et même la statuaire chez eux, comme nous le rappelions au début de ces pages, est née du besoin qu’ils sentaient de se mettre devant les yeux leurs divinités3. Cen’estdonc pas à des artistes d’une autre race et d’une autre religion que les Grecs auraient demandé les images des dieux grecs, alors surtout que ceux-ci se présentaient déjà à l’esprit avec une forme nette, une physionomie individuelle, des attributs spéciaux, et que, de plus en plus, dans les chants des poètes, se précisaient leurs traits. L'hypothèse de l'introduction en Grèce, et particulièrement en Attique, de statues égyptiennes en bois, au ix° et au vme siècle avant notre ère, n’est guère acceptable à première vue, et les rares passages de Pausanias sur lèsquels on l’appuie perdent beaucoup de valeur, si l'on se rappelle le vague des dates fournies par Pausanias, et ses erreurs nombreuses, et la pauvreté de sa critique, et sa complaisance bonasse pour toutes les légendes et toutes les invraisemblances 4.
1. Les raisons que je tâche de donner de l'indépendance originelle de la sculpture attique ont été déjà indiquées par M. Ilomolle, De anliquiss. Dianæ simulacris , p. 83-100. Seulement M. Ilomolle les étendait à toute la sculpture grecque en bloc; par là il prêtait un peu à la critique, et il dut lui-même apporter à sa thèse quelques atténuations. 11 est très difficile, en etïet, dès qu’on passe à la Grèce d’Asie, de reconnaître où finit la Grèce ; en tout cas, là où elle finit, elle est en contact avec des peuples orientaux, et les influences artistiques comme les échanges d’idées deviennent alors quasi inévitables. En me limitant àl’Attique, je crois être sur un terrain plus aisé à défendre ; et je puis maintenir ici des affirmations qui deviendraient tout de suite plus hasardeuses s'il s’agissait de Rhodes, par exemple, ou de Samos ou de l’Ionie.