‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 137 sur 312 · Cf. Au mus. de l'Acrop., p · texte numérisé non relu

Cf. Au mus. de l'Acrop., p

LES STATUES DE FEMME

figure, plus petite, et malheureusement privée de sa tête, n° 598 [Au musée de l'Acrop p. 355, fig. 34). On remarquera d’abord que ses longues boucles en torsade sur la poitrine sont pareilles à celles de la grande coré 682'; et il y a là, me semble-t-il, une preuve matérielle que l'intention du sculpteur était de se rapprocher autant que possible des modèles ioniens. Mais on peut copier avec exactitude tous les détails particuliers dont on a fait choix, et ne pas même s’apercevoir qu’on met dans l’ensemble de son œuvre un esprit différent de celui des modèles : cette petite coré 598 en témoigne, comme sa sœur plus grande et plus complète, la coré 072.

Un nouveau témoignage dans le même sens nous sera fourni par la coré 685 [Au musée de l'Acrop ., p. 155, fig. 10), belle statue conservée presque en entier, un peu plus petite que nature1 2. Elle est en marbre des Iles3; et, par le costume, la coiffure, les bijoux qui ornent son crâne et ses oreilles, elle reste conforme en tout point au type habituel. Cependant, abstraction faite de ces accessoires, elle se trouve être très différente d’aspect de tout ce que nous avons vu jusqu’ici. Son caractère le plus frappant est la minceur élancée de son corps. Elle monte tout d’un jet, comme un roseau : jambes longues, hanches resserrées, poitrine discrète, épaules étroites. Rien n'arrête ou ne contrarie le regard du spectateur, qui suit de bas en haut ce mouvement ascensionnel; car, au lieu qu'une des mains soit occupée, selon la coutume, à relever et tirer en dehors les plis du chitôn, les deux bras, à partir du coude, se tendaient en avant, et le chitôn, laissé à lui-même, plaque étroitement sur les jambes ses plis verticaux et parallèles; les plis de l’himation, à leur tour, au lieu de se gonfler et de se distendre, se resserrent contre le corps et ne le quittent pas; enfin, les menus plis frissonnants du chitôn, à la partie supérieure, continuent exactement la direction verticale de ceux de la partie inférieure. Un contour ferme et précis, cernant cette longue forme jaillissante, achève de lui donner une allure non banale. Il se peut, d’ailleurs, que l’artiste n’ait pas voulu expressément y mettre tout ce que nous y voyons et que le

1. Déjà nommée à propos de la figure précédente, pour un détail analogue.

2. Cf. MvYpjLeïa -r-Tji : 'EXXâSo;, pl. XVI, 2, avec bibliographie ; y ajouter : Bulle-Hirth, Schœne Mensch : Aller lum , pl. 29, à droite; Perrot, Hist. de l'art , VIII, p. 597, fig. 300.

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