‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 145 sur 312 · Cf., par exemple, la coré 676 : ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Cf., par exemple, la coré 676 : ci-dessus, p

boudins accolés, arrangement auquel on pourra tout reprocher, sauf d’être inspiré d’une pensée de coquetterie.

On ne supposera certainement pas que les parties manquantes de la figure aient été comprises et exécutées à l’opposé de celles qui subsistent, et que le bas du vêtement ait présenté un caractère de luxe et de raffinement décoratif, alors que le haut en est à ce point dépourvu. Nul doute que l’artiste, depuis la stéphané jusques aux pieds de la figure, n’ait montré le même éloignement des superfluités élégantes et des riens fragiles où se complaisaient les sculpteurs d’Ionie et des Iles. Aussi bien, les traits du visage achèvent de nous renseigner exactement sur les tendances de son esprit et le fond de sa nature. Là non plus on ne retrouve rien de la physionomie des « Ioniennes » : les yeux, largement ouverts, sont droits, ou du moins leur obliquité est si légère qu’elle en devient insensible ; la bouche, droite, arrêtée aux commissures par un petit trait en virgule qui se recourbe sous la lèvre inférieure, ne sourit que d’un sourire très léger, à peine perceptible ; le front est bas, peu fuyant ; la face est plutôt carrée qu’ovale, joues plates, menton large, mâchoire solide L Tous ces traits de facture et le caractère qu’ils donnent ensemble à la physionomie sont ceux mêmes que l’on constate dans le Moschophore et dans les œuvres attiques antérieures à l'invasion des influences ioniennes 1 2. Ils sont pleinement d’accord avec la remarquable sobriété du costume et de la coiffure. L’auteur de cette statue est, en somme, resté fidèle à l’ancien esprit de l’art attique, autant qu'il était possible et plus qu’on ne pouvait l’espérer, en un temps où l’art semblait tout entier s’être fait brillant, coquet et souriant, et où les modes féminines semblaient imposer par force le contraire de la simplicité.

Cette corè 669 nous serait, malgré ses tristes mutilations, peut-être plus précieuse encore, s’il était sûr, comme j’ai essayé de le démontrer 3, qu’on doit l'attribuer à Anténor, celui qui a signé la grande corc dont nous allons parler tout à l’heure. Je crois toujours que les deux œuvres sont bien du

1. On peut noter aussi le dessin des oreilles, très négligé. Le lobule en est percé d’un trou pour un petit ornement de bronze : même détail dans la grande statue qui précède (cf. ci-dessus, p. 242).

2. Cf. la démonstration détaillée de M. Græf : Alhen. Mittheil ., XV, 1890, p. 8 sqq.

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