‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 146 sur 312 · Au mus. de l'Acrop., p. 342 sqq · texte numérisé non relu

Au mus. de l'Acrop., p. 342 sqq

LES STATUES DE FEMME

même artiste, séparées seulement par quelque espace de temps. Mais, puisque cela reste une hypothèse, qui ne saurait être matériellement prouvée, bornons-nous à ce qui est du moins incontestable, à savoir l’étroite similitude d’esprit et de style entre les deux œuvres1, et l’assurance qu’elles nous donnent, deux fois répétée, à savoir que les Ioniens, au moment même qu’ils triomphaient le plus à Athènes, ne s’étaient pas rendus les maîtres absolument de l’art attique.

Nous voici maintenant devant la coré qu’a sculptée Anténor et qu’a consacrée Néarchos2. Le hasard dispose parfois les choses assez bien. Cette statue, la plus grande des corés de l’Acropole et même, d’une façon générale, la plus grande de toutes les corés archaïques que nous possédions aujourd’hui, est la seule dont l’auteur nous soit connu ; et il se trouve que, parmi les rares sculpteurs attiques antérieurs à 480 que citent les textes anciens, Anténor apparaît comme le plus considérable. La statue vaut surtout par son aspect d'ensemble bien plus que par le détail; et il se trouve que les mutilations n’ont atteint que le détail et que, presque tous les morceaux ayant été sauvés, on a pu restituer la figure dans son ensemble. Après une si longue liste de corés , pour lesquelles, puisque aucune n’est ni ne peut être datée d’une manière précise, on doit se borner à un classement général selon leur genre et leur style, il se trouve que celle-là seule, grâce à l’inscription de sa base, cesse de flotter entre de trop larges limites- et se laisse arrêter avec la plus grande vraisemblance aux environs de l’année 510 3. Ce n’est donc point par un arrangement factice que nous avons réservé pour la fin de la série actuelle la statue d’Anténor ; elle vient à sa place et à son heure. Puisqu’il convenait de montrer d’abord l’extension de l’influence ionienne, ensuite la survivance de l’ancien esprit attique en face de l’esprit étranger, c’est la statue d’Anténor, la plus récente des corés « anti-ioniennes », qui, naturellement, nous attendait la dernière. Et cela est très bien ainsi. Car, notre enquête devant établir que le fonds attique n’a pas disparu, qu’il a pu s’enri-

1. Aux opinions connues de M. Wolters et de M. Græf sur ce point, s'est ajoutée encore récemment celle de M. Paul Herrmann : cl'. Deutsche Litteraturzeitung , 1903, n” 35, p. 2164.

2. Cf. Au mus.de l'Acrop., p. 338 sqq. — Pour la bibliographie, cf. Mvripsta TfjÇ 'EXXdtSo;, pl. XV.

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