Cf. ci-dessus, p
2. Ils ne se correspondent peut-être pas aussi rigoureusement que je le voudrais; mais le contexte les explique d’une façon suffisante.
LES STATUES DE FEMME
sérieuses et profondes, qui sont d’ordre plus moral que technique : l’habitude des constructions fermes, à dessous solides, le goût d’une simplicité nette et claire et d’une grande franchise d’expression1 2, conséquence directe de la subordination des détails à l’effet d’ensemble. On sait, au contraire, à quels excès d’inutile raffinement dans la décoration et à quel genre de décoration factice et arbitraire les sculpteurs d’Ionie et des Iles ont été maintes fois entraînés par leur amour de l’élégance extérieure, de la parure, de la richesse -, et comment ils en sont venus à attacher plus d’importance à une boucle de cheveux et à un bord d’himation qu’à la tenue générale de l’œuvre, ou du moins à nous donner par mégarde l’impression que c’était dans ces. minuties qu’ils mettaient toutes leurs préférences et tout leur talent. Cependant que beaucoup des artistes attiques se laissaient séduire, nous l’avons vu, par l’aimable prestige de cet art et s’enrôlaient à l’envi sous sa bannière, il y en a donc eu d’autres, qui, mieux avertis, jugèrent qu’on pouvait profiter de ses leçons sans le suivre servilement, et qui, demeurés fidèles, sous quelques changements de forme, au fonds même de l’ancien art local, n’apparurent pas inférieurs à leurs brillants rivaux. Ils surent, dans des statues de dimensions plus grandes3, se montrer ouvriers non moins bons et faire de leur science un plus sain usage, en ne la prodiguant pas à tout propos. Ils prouvèrent par leurs œuvres qu’il existe une beauté supérieure à celle qui résulte des mille élégances de la parure, et que simplicité ne signifie pas nécessairement pénurie de ressources. Les sculpteurs qui gardèrent àAthènes cette virile et méritoire indépendance n’ont pas été fort nombreux, à ce qu’il semble ; mais c’est en eux qu’était la meilleure sève de l’art attique ; et à leurs œuvres revient de droit la qualification d’ « Attiques », par rapport aux « Ioniennes » et aux « pseudo-ioniennes » présentées ci-dessus.
Il nous reste à examiner si les statues d’homme et les bas-