‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 15 sur 312 · Beulé, Ilisl . de l'art qr. av. Périclès, p · texte numérisé non relu

Beulé, Ilisl . de l'art qr. av. Périclès, p

LA SCULPTURE ATTIQUE AVANT PIIIDiAS

Le plus grand service que les sculptures plus anciennes de l’Égypte et de la Phénicie1 eussent pu rendre à la sculpture grecque naissante, eût été de lui fournir les outils etles procédés, de lui épargner le long apprentissage, de lui enseigner le métier; car, le métier su, elle n'eût pas mis des siècles à atteindre la beauté qui devait lui être propre. Ce service ne lui fut pas rendu. Nous pouvons l’affirmer en raison du temps si long de l’apprentissage : les Grecs durent trouver eux-mêmes les procédés techniques, et inventer non seulement l’art, mais, avant l’art, le métier.

Cependant, lorsque nous parlons, pour le vme ou le ixe siècle avant Jésus-Christ, d’un commencement de l’art, nous n’ignorons plus aujourd’hui que, à une époque bien plus reculée dans le passé, la presqu’île de l’Attique, ainsi que toutes les fies de la mer Ægée et toute la frange continentale baignée par cette mer, avait connu une civilisation brillante et un art déjà très développé. Cette civilisation, qui eut en Crète son premier foyer et ses grandes capitales, compta dans la Grèce d’Europe un certain nombre de petits centres provinciaux en tête desquels se plaçait l’opulente Myc.ènes. Pour l’Attique seulement, nous avons retrouvé plusieurs de ces sous-préfectures de la civilisation dite « mycénienne » ; Spata, Thoricos, Ménidi, l’Acropole d’Athènes, etc.2 Or, si la sculpture qui nous paraît naître en Attique vers le vme siècle avant Jésus-Christ devait être reliée à celle qui y florissait déjà entre le xve et le xiie siècle, si ce que nous appelons une naissance n’était qu’une renaissance, et si l’art « mycénien » était déjà l’art grec, l’originalité de la sculpture attique, je veux dire son isolement par rapport aux diverses plastiques plus anciennes de l’Orient, cesserait d'exister. Car les influences orientales ne sont sans doute pas tout le fonds de la civilisation dite « mycénienne », mais elles en forment pourtant un des plus notables éléments; et, en Attique, ces influences ne sont pas moins visibles qu’ailleurs : on a même dit qu’à Spata elles l'étaient davantage3.

M. Perrot, au cours de ses études sur la civilisation « my-

1. C'est à celles-là seules qu'on peut songer; on n'aperçoit pas la moindre trace d’une influence quelconque de la sculpture assyrienne des ixc et vin" siècles sur l’art grec : cf. Perrot, Hist. de l'art , VIII, p. 119-720.

2. Cf. la liste complète dans l’Eçïip.. àpy., 1S93, p. 193-194.

Page 1