‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 154 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 256, note · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 256, note

3. Pour la bibliographie et quelques détails secondaires, cf. Au mus. de l'Acrop., p. 376, note 1 ; ajouter à la bibliographie : Perrot, Hist. de l'art , VI II , p. 607, fig. 305. — Un des « Apollons » du Ptoïon (Mus. nat. d'Athènes , 20 ; Bull. corr. hell., XI, 1887, pl. XllI-XIV), le plus récent de tous, car il peut n’être pas antérieur au milieu du V siècle, présente, avec une plus grande finesse de traits et des détails beaucoup mieux observés, une très notable ressemblance avec cette petite tête rouge de l’Acropole.

des anciennes habitudes locales, le seul qui ait subsisté à côté de tous les autres traits empruntés aux modèles ioniens. Cette tête est, en effet, la plus « ionienne » des quelques têtes d’homme que nous ayons à citer1.

Les trois dernières des œuvres précédentes2, petite tête rouge de l’Acropole, tête prétendue d’Ægine et statue de Volomandra, nous ont montré une statuaire attique imprégnée d’ionisme dans ses représentations du type de l’homme nu, comme elle l’a été dans ses représentations du type de la femme vêtue. Mais, de ce côté comme de l’autre, certaines oeuvres nous témoignent qu’il y eut des artistes, cependant, qui restèrent davantage fidèles à l’esprit et aux traditions de l’ancien art indigène. Non plus que les corés de notre troisième groupe, ces œuvres-là que nous allons examiner ne constituent une protestation violente contre le style dominant ; elles n’en prennent pas le contre-pied de propos délibéré et pour se faire mieux remarquer; elles sont naïvement et sans effort tout ce qu’elles sont. Mais leurs auteurs étaient, en quelque sorte, mieux défendus par la solidité de leur tempérament contre la contagion des exemples qui se multipliaient autour d’eux. Sans s’interdire de profiter quelquefois des leçons utiles qu’ils pouvaient prendre à leurs concurrents ioniens, ils sont restés foncièrement, dans leur art, ce que leur naissance les avait faits : de purs Attiques.

Une belle tête, en marbre de Paros, passée jadis de la collection Rayet dans le musée de M. Jacobsen3, est exactement

1. J'hésite à considérer comme étant d’origine attique la petite statuette de jeune homme, d'où provient le torse n° 623 du musée de l'Acropole. (Hauteur actuelle, 0”, 20. Cf. Pawlowski, op. L, p. 139, fig. 38; Mvvuxeïa Tijç 'EXXâSoç, pl. XXXII, en haut, à droite; Lepsius, op. I. , p. 72, n° 46, fig. 5 : marbre des îles.) — Le morceau est charmant. Ce qui reste du corps est travaillé très joliment, dune façon rapide, il est vrai, et sans grande recherche de modelé; mais certains détails, par exemple les clavicules, sont marqués avec justesse et finesse. La double inclinaison de la tête, à la fois en avant et sur l’épaule droite, donne à cette petite figure, malgré son archaïsme, un charme des plus rares; elle a déjà quelque chose de la grâce raffinée du célèbre Narcisse en bronze du musée de Naples. N’y découvrant rien, dans le torse ou la tête, qui soit proprement attique, je crois qu’il faut attribuer cette œuvre à un atelier ionien.

2. Je laisse de côté, par prudence, le xo-jpoç de l’Acropole, que son état de mutilation et l’absence de la tête ne permettent pas d’apprécier d'une façon complète.

3. Cf. Arndt, Glypt. Ny Carlsberg, pl. I-II, p. 1-2. Ajouter à la bibliogra-

LES STATUES d’hOMME

dans le même rapport avec la tête prétendue d'Ægine ou la tête du y.supcç de Yolomandra qu’est la grande coré 671 de l’Acropole1 avec ses voisines à physionomie ionienne. Les yeux sont passablement obliques, etce n’est pas dans les vieilles sculptures athéniennes que l’artiste en a copié le tracé; ce petit plissement de peau, très légèrement indiqué sur la paupière supérieure, c’est encore aux subtils Ioniens qu’il doit de l’avoir noté et reproduit. Mais, d’autre part, que nous voilà loin des longues boucles de cheveux déroulées bas avec science et symétrie et des élégantes frisures sur le front, si compliquées et si diverses ! Les cheveux sont courts et traités de la même manière depuis le front jusqu’à la nuque : des espèces d’entailles pressées, volontairement irrégulières, les découpent en petites mèches aplaties, à la masse desquelles trois ou quatre grands sillons circulaires sur le crâne communiquent une ondulation à peine sensible. Les oreilles, encadrées presque tout entières par ces mèches rudes, sont exécutées d’une façon aussi rapide, tout en étant très justes de dessin. La bouche est droite, avec les lèvres fortes. Le menton est large et puissant, les os des pommettes semblent percer la peau; la chair des joues est fortement tendue sur la solide charpente qu’elle recouvre sans la cacher. L’ensemble est construit avec fermeté, taillé avec vigueur, « d’une main sûre et calme »2, qui ne s’attarde pas aux menus détails et cherche à unir l’ampleur à la simplicité.

Une seconde tête ( fig . 17), également en marbre de Paros, acquise par le Louvre et publiée par M. Collignon en 18923, offre d’évidentes ressemblances avec la tête Jaeobsen 4 dans le caractère général du type et dans plusieurs traits de détail, surtout dans le dessin de la bouche et plus particulièrement encore dans celui de la lèvre inférieure, dont le milieu s’infléchit en un petit sillon à bords doux entre deux légers rehaussements des parties voisines. Mais il existe aussi certaines dif-

phie : Au mus de l'Acrop., p. 359-360 ; Pawlowski, op. L, p. 136. fig. 36; S. Reinach, Télés antiques, pl. 1 ; Perrot, Hist. de l'art , VIII, p. 643, fig. 329.

1. Cf. ci-dessus, p. 240. — La ressemblance entre cette coré et la tête Jaeobsen est assez sérieuse pour que j’aie pu proposer d’attribuer les deux œuvres au même auteur : cf. Au mus. de l'Acrop., I. I.

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