Ressemblances signalées par M. Collignon, l. L, p
férenoes entre les deux œuvres. Les yeux ici sont plus petits, moins saillants, et ne sont pas du tout obliques. Le sourire est plus marqué, et il y a dans le modelé des joues plus de ron-
Fig. 17. — Tête d’une statue d’homme (Paris, Louvre).
deur et moins d’énergie. Les cheveux enfin, sans être longs, sont taillés moins court, et ils sont disposés au dessus du front en deux rangs de frisures, tandis que les boucles sur la nuque
LES STATUES D HOMME
se contournent à leur extrémité en frisures pareilles1. Ce sont là petites gentillesses ioniennes, lesquelles d'ailleurs s’accordent heureusement avec la souriante amabilité du visage. La tête Jacobsen est d’un art plus sévère ; l’auteur de la tête du Louvre ne s’est pas défendu de plus de coquetterie, en passant, et comme en se jouant ; mais il a su pourtant, c’est l’essentiel, garder intact en lui le vrai fonds attique.
La tête Webb, du British Muséum2, terminera cette petite série avec un à-propos inespéré (fig. 18-19). C’est une tête d’homme, M. Collignon l’a démontré ; et il a fait voir en même temps combien elle était prochement apparentée à la tête de la grande coré d’Anténor 3. Celle-ci était la dernière des corés que nous avions à examiner pour le moment; et la tête Webb est aussi la plus jeune des quelques têtes d'homme appartenant à cette période : le dessin de l'arcade sourcilière et de la paupière supérieure en est une preuve certaine. Les deux séries parallèles des y.ipai et des y.oupct, si inégales quant au nombre des sujets, se trouvent donc, par un heureux hasard, être closes de façon identique, avec deux œuvres qui ont entre elles les plus étroites affinités, qui se ressemblent comme frère et sœur, qui sont peut-être frère et sœur4. Leur ressemblance mérite d’être considérée. Même front plat, non fuyant ; même ouverture des yeux dans le sens delà longueur, ceux de la tête Webb ayant seulement un peu plus de hauteur, sous un sourcil plus relevé aussi ; même construction du visage, massif et carré, solidement appuyé sur un menton large et fort; enfin, même disposition et, en somme, même dessin des frisures de cheveux, étagées en trois rangs sur le front : par conséquent même caractère nettement, franchement attique; même
1. Cf., pour le détail des boucles de cheveux par derrière, la gravure insérée dans l’article de M. Collignon, p. 449. — Un détail semblable se retrouve dans une tête en marbre (toute différente pour le reste) de Mégara Hyblæa, conservée au musée de Syracuse : cf. Rendiconti R. Accademia Lincei, 1897, p. 302, fig. 1, et p. 304 (Orsi).
2. On peut l’appeler ainsi, par commodité, du nom de son dernier possesseur, qui en a fait don au British Muséum. — Cf. Bull. corr. hell. , XVII, 1893, pl. X1I-XI1I, p. 294 sqq. (Collignon); Pawlowski, op. I. , p. 141, fig. 39; Arch. Jahrbuch , XI, 1896, p. 264, fig. 6 (Studniczka). — L'extrémité saillante de la chevelure, par derrière, est une restauration moderne, mal faite (cf. Collignon, l. I., p. 298, note 2; Studniczka, l. L, p. 263).
3. Jugement confirmé par M. Studniczka (L L, p. 263) et par M. Schrader ( Athen . Mittheil., XXII, 1897, p. 110).
4. M. Studniczka ( l . I.) pense que la tête de Londres pourrait être sortie du propre atelier d'Anténor.
type que celui des sculptures antérieures à 550, sous l’agrément superficiel qu’y a pu ajouter l'élégance des modes nouvelles de coiffure. Cet agrément est plus sensible ici que dans
Fig. 18. — Tète d'une statue d'homme : tête Webb (Londres, British Muséum).
la coré d’Anténor ; les frisures au dessus du front, plus petites, moins détachées les unes des autres, sont d’une exécution plus délicate, et la masse des cheveux sur le crâne et sur la nuque témoigne aussi d’un soin minutieux. Il est d’au-
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tant plus remarquable que l’artiste qui mit toute son attention à ces finesses ait su modeler le visage* avec un tel sentiment de simplicité large et avec une vigueur qui serait austère, n’était le léger adoucissement du sourire.
Fig. 19. — Tète d’une statue d’homme : tête Webb (Londres, British Muséum).
Entre la têle Webb et les deux précédentes, tète Jacobsen et tête du Louvre, existe une analogie de style pareille à celle qui nous a fait réunir plus haut la statue d’Anténor et la coré 671 '. Les trois œuvres ont chacune leur physionomie dis-