‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 156 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 240 sqq · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 240 sqq

tincte, mais aussi un commun air de famille : M. Collignon1 2 a signalé en elles, avec raison, la similitude du dessin de la bouche ; et j’insisterai, cette fois encore, particulièrement sur le dessin de la lèvre inférieure, coupée en deux au milieu par une sorte de dépression douce entre deux renflements charnus. Ce petit détail, fort notable, se retrouve chez toutes les trois, avec des qualités d’exécution différentes qui tiennent uniquement à la différence de main. Des trois têtes ainsi rapprochées, la tête Webb est sans nul doute la plus récente, comme nous l'avons dit ; elle paraît bien aussi être plus avancée que la corè d’Anténor,tout en restant néanmoins antérieure à l’année 500

Voilà donc en tout deux statues de xoüpoi, et cinq têtes qui, étant imberbes, proviennent certainement (telle est du moins ma conviction) de pareilles statues. Ces quelques œuvres nous ont fait repasser, d’un pas beaucoup plus rapide, il est vrai, parle même chemin que les longues files des corés. Aucune indication utile ne nous est venue des rudes y.oSpci d’Argos ou d’Orchomène ; mais les souriantes figures retrouvées çà et là dans les Cyclades et la majorité de celles du Ptoïon, qui semblent ne pouvoir être attribuées qu’à des ateliers de l’Ionie ou des Iles, nous ont guidés parfois, de la même manière que la Nike ailee, originaire de Chios, les corés déliennes et les caryatides de Siphnos et de Cnide nous avaient servi à préciser le style des corés découvertes en Attique. Dans l’un et dans l’autre genre simultanément, c’est par les Ioniens que la sculpture attique a été influencée durant la seconde moitié du vi° siècle; et dans l’un et l’autre, quand elle n’a pas plié sous cette influence victorieuse, ç’a été grâce à la ferme fidélité qu’avaient gardée les meilleurs de ses artistes aux anciennes traditions de leur école.

Je suis loin de penser qu’on doive accorder aux Ioniens, dans l’élaboration du type de l'homme nu debout, une part prépondérante 3. Ce type, en soi, ne saurait constituer une invention proprement dite : il est la première création, et la plus spontanée, de toute statuaire, même la plus humble; et la nudité, qui le caractérise entre toutes les productions similaires des arts de l’antiquité, est une conséquence des mœurs

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