‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 158 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 150 sqq · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 150 sqq

2. Cf. Friederichs-Wolters, Gipsabgüsse, p. 11 ; Collignon, Hist. sculpt. gr., î, p. 119; Bull. corr. hell ., XVIII, 1894, p. 414-415 (Pottier) ; Perrot, Hist. de l'art, VIII, p. 712-414. — Pour le choix de la jambe gauche portée en avant, de préférence à la droite, cf. Mélanges Boissier, p. 411-412 (Pottier).

3. Cf. Furtwængler, op. I., p. 712-713; Bull. corr. hell., XVIII, 1894, p. 409- 411 (Pottier).

pas dire qu’elles soient idéalement belles, mais qu’elles tendent à représenter cet idéal de beauté athlétique, à la réalisation effective duquel on peut dire qu’était vouée expressément toute l’éducation corporelle des Grecs et dont leur statuaire devait un jour, après de longs efforts persévérants, fournir enfin les types les plus achevés et les plus purs1. Les y.oupci ne sont donc pas des représentations, même conventionnelles, d’individus déterminés ; ce sont les premiers essais, destinés à être sans cesse repris, révisés et embellis, du modèle humain le plus général, conçu selon une idée toute grecque de la beauté. Tel était le tour d’esprit de ces admirables Grecs anciens, que les statues de ce genre leur ont paru souvent le plus convenables aux sanctuaires et aux nécropoles ; et on sait de reste quel stimulant fut pour l’art cette nécessité d’un perpétuel recommencement, en vue de plus de vérité et de beauté, du simple corps humain tout nu. — Mais, de règle absolue, il n’y en a pas qui s’impose à l’art grec; pas d’entrave à l’esprit de ceux qui, les premiers dans le monde, ont connu l’entière liberté intellectuelle. Aussi, tandis que les uns choisissaient, pour leurs dons à la divinité, des figures idéales, d’autres donateurs voulaient que leur offrande eût un rapport plus direct avec leur personne. De là, une espèce nouvelle, plus variée, de représentations de l’homme.

Celles-là ne sont, pas plus que les précédentes, des portraits; elles n’ont point pour objet de reproduire et de conserver l’ensemble des traits particuliers qui constituaient la personne physique de tel ou tel. Mais, à la différence des précédentes, elles ont un caractère individuel : au lieu de montrer l’homme pris à la fleur de la jeunesse, vêtu seulement de la force et de la beauté de son corps, dénué de tout signe distinctif, étranger même à toute action, elles le montrent plus réel, arrivé à l'âge mûr, avec la barbe que les années lui ont mise au menton, vêtu de son costume habituel, « spécialisé » par une action déterminée. Rappelons-nous, par exemple, la statue du Moschophore. Nous en avons expliqué le sens2 : c’est une offrande de Rhombos fils de Palès, qui voulut perpétuer le souvenir de sa ■dévotion à la divinité, dévotion représentée aux yeux matériellement par le veau qu’il apporte sur ses épaules pour le sacri-

1. Cf. J. Lange, Darstellung cl. Menschen , trad. Mann, p. 37 sqq.

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