Cf. ci-dessus, p
5. Cf. Helbig, Les iizniïz athéniens ( Mémoires Acad. Inscr., XXXVII, p. 158 et 164 ; p. 6 et 12 du tirage à part).
6. Cf. Arch. Jahrbuch, VIII, 1893, p. 138-139, n° 9 (Winter).
Il faut regretter surtout la mutilation de cette importante et curieuse statue, presque de grandeur naturelle, qui représentait un jeune cavalier athénien en costume asiatique, justaucorps et pantalons collants, bariolés comme un habit d’Arlequin. Les parties qu’on a pu rajuster de cet ensemble, au musée de l’Acropole ', comprennent seulement la tête (non complète), le cou et le poitrail du cheval, les jambes et le bas du ventre du cavalier. Mais une assiette peinte, de fabrication attique, conservée au musée d’Oxford2, nous permet de nous figurer à peu près tout le reste : le jeune homme, coiffé du bonnet scythe à brides flottantes, avait au flanc un carquois rond, duquel il a été retrouvé un morceau ; il portait donc aussi un arc, sans doute un arc de bronze, dans sa main droite, et tenait dans la main gauche les rênes de son cheval. Il devait être pimpant et charmant, fier de son déguisement aux couleurs éclatantes, ce jeune aristocrate athénien 3 ; et je crois aussi que son image
1. N° 606. Cf. Arch. Jahrbuch , VI, 1891, p. 239 sqq. (Studniczka'; Ibid., VI II, 1893, p. 140-141, n° 12, p. 148-149 et p. 151 sqq. (Winter); Pawlowski, op. I., p. 257, fig. 90; Perrot, Hist. de l'art , VIII, p. 635, fig. 324; Lepsius, op. I., p. 73, n" 49 : marbre des Iles. — M. Studniczka a fait une description très minutieuse des fragments rajustés ensemble et des quelques fragments, non rajustés, qui appartiennent sûrement à la statue. Mais il avait donné une interprétation inexacte de l’œuvre, et, par suite, l’avait mal datée, comme M. Winter l’a irréfutablement démontré. 11 n'y a plus à revenir sur cette discussion, aujourd'hui close. Quant à l’attribution de la statue à une base portant dédicace au nom de Diocleidès fils de Dioclès (cf. Winter, l. L, p. 156; Helbig, dans les München. Sitzungsb., 1897, II, p. 279 ; Helbig, Les imreî; athéniens, dans les Mémoires Acad. Inscr., XXXVII, p. 198; p. 46 du tirage à part), cela reste une hypothèse, très acceptable d’ailleurs, mais non pas certaine.
2. Cf. P. Gardner, Catal. greek vases in Ashmolean Muséum, pl. XIII; Studniczka, l. L, p. 239. — 11 est probable, comme l’admet M. Studniczka ( l . L, p. 246), et malgré les doutes de M. Hartwig ( Griech . Meislerschalen, p. 10, note), que la peinture de cette assiette est une libre reproduction du marbre de l’Acropole. Elle lui serait donc postérieure. Or, si l'inscription qu’elle porte, Mi),Tiâ8ï)ç xaXôç, vise réellement le grand Miltiade, elle ne peut être contemporaine que de la jeunesse de celui-ci (cf., sur l’âge des personnages honorés de l’acclamation xaXôç par les peintres céramistes, Ilartwig, op. L, p. 7, et Furtwængler, dans la Berlin, philol. Wochenschrift, 1894, p. 108-110; sans oublier cependant les justes réserves faites par M. Pottier dans la Gazette des Beaux-Arts, 1902, 1, p. 135, et dans les Monuments Piot, IX, 1902, p. 168 sqq.). Cette assiette doit, par conséquent, avoir été peinte avant 500 (cf. Winter, l. L, p. 154 et note 22) ; et la statue de l’Acropole peut, en effet, être datée, sans objection sérieuse, des environs de l'année 510. — M. Helbig, Les Iuttei; athéniens [Mémoires Acad. Inscr., XXXVII, p. 199-200; p. 47-48 du tirage à part), croit l’assiette d’Oxford antérieure même à 515, et admet que l’inscription désigne bien le futur vainqueur de Marathon.
3. Sur la qualité sociale de ce cavalier, cf. Helbig, Les îtctteic athéniens p. 199 des Mémoires cités ; p. 47 du tirage à part).
LES STATUES D HOMME
nous aurait donné d’instructifs renseignements et qu’elle aurait tenu une belle place dans le tableau de l’art attique à la fin du Yie siècle. Ruinée comme elle est, à peine nous livre-t-elle les indications les plus essentielles. M. Winter1, relevant un des rares détails demeurés intacts entre ceux qui sont caractéristiques dans les œuvres de ce temps-là, a signalé que l’œil du cheval est exécuté dans la même manière exactement que les yeux de la coré athénienne 671 et que ceux de Y Athéna du fronton de la Gigantomachie et que ceux aussi de la tête de lion-gargouille du temple pour lequel ce fronton avait été sculpté. Nous avons montré plus haut2 le caractère nettement attique de la coré 671 ; nous verrons plus loin que cette coré , elle-même proche parente de la tête Jacobsen 3, offre d’étroites affinités avec Y Athéna de la Gigantomachie, et que le fronton enfin auquel appartient cette Athéna est l’œuvre d’un Attique qui a su, sans perdre ses qualités natives, profiter excellemment des leçons des maîtres ioniens. Il semble qu’on en doive dire autant de hauteur de la statue équestre. Une grande simplicité, une tranquille aisance dans le travail du marbre sont des qualités qu'il tient de son fonds attique ; une douceur nouvelle du modelé, un sentiment nouveau de l’élégance, sensible surtout dans l’exécution du pied, finement cambré et allongé, sont des qualités récemment acquises et déjà assimilées, bien fondues avec les anciennes.
Il en était des statues de cavaliers comme des corés et des y.oüpot : elles pouvaient aussi bien être dressées sur le tombeau d’un mort que dans une enceinte sacrée, autour d’un temple. Une statue funéraire de cette sorte a été retrouvée en Attique, à Vari4. Sur son cheval, un peu plus petit que nature 5, était assis le cavalier, vêtu d’un chitôn, les jambes et les pieds nus. Le corps trop long du cheval, les jambes de l’homme trop courtes, ses genoux remontés presque sur l’encolure et ses pieds allongés presque sur les épaules de la bête, marquent assez clairement que l’œuvre appartient à la période archaïque, et aussi que son auteur