CHAPITRE VI
LES BAS-RELIEFS
Un changement capital s’est produit quant à l'espèce des monuments conservés, depuis que nous sommes entrés, avec le Moschophore , dans la pleine période du marbre. Tandis que les sculptures de la période précédente ressortissent toutes sans exception au genre du relief1, nous avons vu défiler, pour la seconde moitié du vT siècle, une foule imposante do figures en ronde bosse. Ii faut conclure de ce contraste, ainsi que nous l’avons dit déjà"2, non pas que la statue proprement dite n’a fait son apparition que vers 550, mais que les statues de l’âge antérieur étaient généralement en bois et n’ont point duré jusqu'à nous. Même si elles avaient duré cependant, je ne doute pas qu’elles ne fussent proportionnellement beaucoup moins nombreuses que celles qui leur ont succédé. Il paraît bien que c’est api’ès 550 que le type du y.oîjpoç et celui de la coré se sont répandus à profusion, et que le tëménos des grands sanctuaires a commencé à se peupler, en guise d’offrandes, de ces figures idéales de marbre ou de bronze, dont la troupe toujours grossissante et de plus en plus variée devait constituer à la longue, autour de certains temples, les plus prodigieux musées de sculpture que l'homme ait jamais vus.
Le bas-relief, à son tour, profita de ce bel élan de l'art et y gagna, en quelque sorte, d’élargir son domaine. C’est dans le même temps, en effet, que les sanctuaires et les nécropoles commencent à montrer des reliefs isolés, formant un tableau défini et d’habitude tout encadré, au lieu que les reliefs connus de nous pour la période de la pierre tendre font toujours corps avec une construction, ne sont que des parties décoratives d’un édifice. Aussi conviendrait-il de distinguer désormais