Cf. ci-dessus, p
entre ces deux catégories de reliefs : ceux (votifs et funéraires ensemble) qui sont complets chacun en soi, indépendants, susceptibles d’être changés de place à volonté, et ceux qui, réunis en des ensembles plus ou moins considérables, sont, en tout cas, immeubles par destination, rattachés à une œuvre d’architecture qu’ils servent à décorer1. Mais on attendra, pour appliquer cette distinction, que le hasard des fouilles nous ait rendu au moins quelques échantillons de la seconde catégorie. Car, actuellement, il n’en existe pas qui puissent être attribués à l’époque des Pisistratides2, en dehors des grands frontons qui viendront au chapitre suivant, et qui ne peuvent pas être tout à fait confondus avec de simples basreliefs.
Le plus ancien des bas-reliefs attiques en marbre 3 est un fragment de stèle funéraire, retrouvé à Athènes même4. Le sujet représente un homme nu debout, jambe gauche en avant, bras collés au corps : c’est, à la lettre, une projection en profil, sur plan, du type le plus archaïque des y.oûpoi, dans la pose la plus raide, la plus étirée de haut en bas, au point que la main n’est pas même repliée et que les doigts s’étendent à plat sur la cuisse de toute leur longueur. De grosses incorrections de dessin, telles que l’allongement démesuré des doigts de la main et les dimensions énormes données à la cuisse en longueur et en hauteur, témoignent, à leur tour, de la haute antiquité de ce marbre.
Les proportions du personnage étant sensiblement plus petites que nature, la stèle n’était donc pas très élevée. Du moins a-t-elle déjà cette forme oblongue, étroite et mince, légèrement pyramidante, qui fut adoptée pour les stèles funé-
1. C’est une différence analogue à celle qui existe, clans la peinture, entre tableaux de chevalet et peintures murales.
2. On ne peut pas compter sérieusement un tout petit relief, découvert à Lambrica, qui décorait une base : Mus. nat. d' Athènes, 42; cf. Athen. Mittheil., XII, 1887, pl. III.
3. Nous avons déjà rencontré, il est vrai, Y Hermès à lasyrinx (cf. ci-dessus, p. 104) et un fragment d'une figure de femme (cf. ci-dessus, p. 117, note 1 ; Au mus. de l'Acrop., p. 18.3, fig. 18). Ces deux morceaux, qui appartiennent à la période antérieure à 5S0, ne sont pas des bas-reliefs, mais des hautsreliefs; ils sont, quoiqu’en marbre, de la même catégorie que les sculptures en pierre tendre. On ne peut d’ailleurs pas, dans leur état actuel, déterminer quelle fut leur destination et s’ils ne faisaient point partie d’une suite décorative.