‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 165 sur 312 · Mus. nal., 33 ; cf. Conze, Alt. Grabreliefs, 9, pl. VII · texte numérisé non relu

Mus. nal., 33 ; cf. Conze, Alt. Grabreliefs, 9, pl. VII

LES BAS-RELIEFS

raires, presque à l'exclusion de toute autre, par les marbriers grecs de la seconde moitié du vie siècle1 ; forme d’autant plus notable qu’elle limite d’une façon très resserrée le nombre des sujets possibles, ou plutôt qu'elle ne laisse guère le choix qu’entre deux sujets seulement : un personnage debout, ou bien, si le champ est un peu plus large, deux personnages, l’un debout et l’autre assis, très rapprochés et se recouvrant en partie. La mise à la mode d’une telle forme de stèle est attribuée, avec grande vraisemblance, aux sculpteurs ioniens2; et son introduction en Attique serait ainsi un des premiers résultats de l’influence ionienne. Il faut reconnaître cependant que les sculpteurs de la Grèce propre, en adoptant ce genre de cadre, avec les nécessités de sujet qu’il implique, n’étaient pas obligés pour cela de tailler leurs reliefs selon le style ionien ; ils pouvaient n’emprunter que le moule vide, en se réservant de le remplir à leur goût, selon leur style à eux ; et cet emprunt-là n’eût pas eu grande importance. Mais imagine-t-on que l’action des artistes ioniens, si fortement marquée sur les statues, ait été nulle sur les reliefs? M. Lœschcke, dans une étude déjà ancienne3, a proposé de faire une distinction de principe entre les statues et les reliefs du vic siècle : celles-là, généralement en marbre des Iles, devant être plutôt l’œuvre de sculpteurs étrangers; ceux-ci, presque toujours en marbre pentélique, devant avoir été taillés par des sculpteurs indigènes4. J’ai déjà eu l’occasion de protester contre cette fâcheuse tendance à prendre l’origine des marbres comme un sûr critérium de l’origine des œuvres. D’autre part, je ne tiie-

1. On en a trouvé un échantillon jusque dans la lointaine Acarnanie, à Anactorion : Mus. nat. d'Athènes , 735; cf. Athen. Mittheil., XVI, 1891, pl. XI (Wolters).

2. Deux des exemples les plus anciens qu’on en connaisse, la stèle funéraire de Symi (Bull. corr. hell., XVIII, 1894, pl. VIII; Perrot, Hist. de l'art , VIII, p. 331, fig. 143) et le relief de Dorylée (Bull. corr. hell. , XVIII, 1894, pl. IV bis; Athen. Mittheil., XX, 1895, pl. 1-1 1 : Perrot, op. I., p. 343, fig. 149), sont, en elîet, de pures œuvres ioniennes. Cf., sur cette question d’origine, Athen. Mittheil ., V, 1880, p. 170-171 (Milchhœfer) ; Furtwængler, Coll. Sabouroff , Introduction, p. 11; Rev. arch., 1901, II, p. 160 (S. Reinach); Perrot, op. L, p. 682-683. — Mais il y a lieu de se demander, je crois, si l’invention première de cette forme ne doit pas être attribuée aux Iles plutôt qu’à l’Ionie asiatique. On doit songer au travail du carrier avant de considérer la besogne du sculpteur. Ces plaques longues et relativement minces pourraient bien avoir été, au début, une spécialité de Naxos, comme le furent, vers le même temps, les grandes tuiles de marbre, dues à l'habile initiative du Naxien Byzès.

3. Cf. Athen. Mittheil ., IV, 1889, p. 36 sqq., 289 sqq., surtout p. 305-306.

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