‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 166 sur 312 · Cf. aussi Perrot, op. L, p · texte numérisé non relu

Cf. aussi Perrot, op. L, p

282 LA SCIJLPTUKE ATTIQUE AVANT PUIDIAS

rai pas argument du fait (car ce pourrait être une exception) qu’une des rares bases de monuments funéraires qui nous aient gardé la signature de l’artiste, porte précisément le nom d’un sculpteur ionien’. Je me bornerai à rappeler que les auteurs de reliefs funéraires ou votifs, étant la plupart des ouvriers de deuxième ou troisième ordre, n’ont guère fait jamais que suivre docilement le grand courant de l’art contemporain, et que, si l’on trouve naturel qu’ils aient reflété, dans le dernier tiers du ve siècle, le style de Phidias, il ne l’est pas moins qu’ils aient ressenti fortement, dans la seconde moitié du vie siècle, l’influence des productions ioniennes. Aussi bien, parmi les quelques reliefs de cette période, il y en a qui ont tout l’air d’avoir été exécutés par la main d’un Ionien ; ou, s’ils sont d’un Attique, c’est donc que cet Attique avait admirablement profité des leçons de ses maîtres étrangers.

Ainsi, le précieux fragment, si justement admiré par Ravet au musée d’Athènes1 2, me paraît être du pur ionien, du plus fin et du meilleur. «Le peu de saillie du relief, l’élégance du dessin poussée presque jusqu'à la gracilité, le soin minutieux mis à reproduire les moindres détails et jusqu’à l’imperceptible plissé d’une fine tunique de lin, l’amincissement des poignets et la longueur des doigts »3, la coquetterie des longues boucles de cheveux tombant sur l’épaule àespacements réguliers, l’adorable maniérisme des gestes relevant très haut les plis du vêtement, sont des traits qu’on retrouve, les uns, encore hésitants et mal formés, dans le vieux relief de Dorylée,les autres, épaissis et alourdis, dans les médiocres sculptures du « monument des Harpyes », presque tous enfin réunis dans certaines parties de la frise du Trésor des Cnidiens 4, où ils ont une fraîcheur, une vivacité, une grâce charmantes5.

1. Monument de Lampilô , par Endoios : cf. Lœwy, Inschr. gr. Bildh., 8. — M. Lœsclieke ( l . L, p. 305) a été le premier à revendiquer Endoios pour l’Ionie.

2. Mus. nat 36; Bull. coït, /tell., IV, 1880, pl. VI, p. 530 (Rayet) ; Conze, Alt. Grabreliefs , 20, pl. XII; Brunn-Bruckmann’s Denkmæler, 17, B ; Collignon, Hisl. sculpl. gr., I, p. 388, fîg. 202; Perrot, Ilist. de l'art, VIII, p. 657, tig. 336. — Marbre pentélique : cf. Lepsius, op. L, p. 77, n° 101.

Page 1