Cf. ci-dessus, p
2. Cf. surtout Conze, Ueber d. Relief bei d. Griechen ( Berlin . Sitzungsb., 1882, I,p. 563 sqq., spécialement p. 514-515). — Mais nuln’a mieux marqué la différence de genre entre la statue et le relief que J. Lange, Darstellung cl. Meuse ken, trad. Mann, p. X et XX sqq. de l'introduction.
3. Comme le cimier du casque d'Athéna, dans le relief 581 de l’Acropole :
cl', ci-dessus, p. 283, note 1. *
4. « Le bas-relief est une forme de l’art soumise à des règles définies.»
(E. Guillaume, Études d'art antique et moderne , p. 119.) — « Le bas-relief n’a
pas son type dans la nalure : c’est une forme créée par l’art. » ( Id ., Essais sur
la théorie du dessin, p. 122). — Pour les règles et principes du bas-relief,
cf. les développements de M. Guillaume ( Essais , p. 122 sqq.).
LES BAS-RELIEFS
relief, dans les limites du possible, les qualités plastiques propres à la statue. Mais, s’il restait, au contraire, davantage attaché aux modèles de la peinture, en quel sens ceux-ci devaient-ils nécessairement l’incliner? Sans connaître les œuvres des peintres du vie siècle, il suffît de savoir qu’ils n’usaient encore que de teintes plates pour que nous ayons l’assurance que l’essentiel, dans leurs peintures, c’était le dessin ; et de ce dessin, nous pouvons nous faire une idée assez juste, grâce aux « vases peints » contemporains. Rappelonsnous certains de ces vases, des débuts mêmes de la technique dite à figures rouges : on ne vantera jamais assez l’étonnante sûreté du tracé de leurs lignes noires vernissées, souples et fermes comme un cheveu, qui ont quelque chose à la fois de métallique et d’élastique, et qui, dans les longs plis d’une draperie, sont si joliment filées d’un trait égal, et si exactement parallèles, sans un tremblement, sans une retouche 1 ; leur précision et leur finesse ont un charme souverain, inexprimable. Or, si l’on songe que beaucoup, la majorité peut-être2 des stèles funéraires et plaques votives étaient demandées aux peintres plutôt qu’aux sculpteurs, on comprend que ceux-ci aient été enclins quelquefois à suivre leurs concurrents d’aussi près que possible, et aient tâché de donner à leurs reliefs très plats, presque sans modelé, la séduction des fins contours précis, des lignes fines, nettes et serrées, d'un travail minutieux du ciseau, égalant en délicatesse celui du pinceau. C’est justement ce qu’ont fait les auteurs des trois reliefs en question, et on s’en convaincra mieux encore, si on prend la peine de chercher quelques peintures de vases à leur comparer3.
Par là encore, ces reliefs, dans le détail desquels nous avons saisi plusieurs ressemblances avec des œuvres d’origine ionienne, se mettent en dehors de la vraie tradition attique.
1. Cf. Potlier, Catal. des vases du Louvre , I, p. 22; Gazette des Beaux-Arts , 1902, I, p. 226-228 (Pottier).
2. Par là s’explique, en partie, la rareté des reliefs de l'époque archaïque, abstraction faite de la sculpture de décoration monumentale.
3. Cf., par exemple, la coupe d’Euphronios, Thésée chez Amphitrile , dont la meilleure reproduction a été publiée par M. Pottier (Vases antiques du Louvre, II, pl. 102). Soit qu’on examine les plis des vêtements ou les contours des parties nues ou l’égide écailleuse à' Athéna et les longues boucles ondulées de sa chevelure, on sera frappé des analogies avec les détails correspondants des trois reliefs. Cette coupe doit être datée de la période 500-480. — Cf. aussi la coupe de Sosias, au musée de Berlin (Antike Denkmæler, 1, pl. 9), qui, celle-là, doit être antérieure à 500.
Nous avons, en effet, constaté, en suivant le progrès des anciens reliefs en pierre tendre, la prédominance évidente des qualités de vigueur, de largeur, d’expression simple et franche; et les statues qui sont restées le plus fidèles à l’esprit de l’école indigène, depuis le Moschophore jusqu’à la grande coré signée d’Anténor, se distinguent aussi par le dédain du travail menu, par une exécution d’une simplicité large, visant uniquement l’effet d’ensemble1 2. Se figure-t-on Anténor ou l’un quelconque des artistes inconnus dont nous avons rassemblé les œuvres autour de la sienne, ayant un bas-relief à exécuter, et le traitant dans le style de la plaque 36 du musée d’Athènes et de la plaque 581 du musée de l’Acropole? De fait, les autres monuments de cet ordre, retrouvés en Attique, qui vont être énumérés, offrent un caractère différent, et, quoiqu’ils aient pris leur part des influences ioniennes, ceux-là du moins apparaissent comme étant bien des produits attiques.
Il s’agit surtout de reliefs funéraires; et le premier à citer est le fragment qui subsiste d’une haute stèle où devait être représenté un jeune homme nu, marchant à droite, tenant sur l’épaule gauche un large disque, contre le plat duquel la tête se détache en profil-. Ce Discophore , comme on l'appelle, est très voisin, par maints détails de l’exécution, des anciennes sculptures purement attiques. L’œil, grand et bien ouvert, a ses deux angles interne et externe prolongés par une petite arête saillante, comme on le voit dans le Moschophore , dans Y Hermès à la syrinx, etc. ; le lobule de l’oreille, large et plat, est tout semblable à celui des oreilles du triple Typhon; les ailes du nez, bien cernées et détachées, sont encore un trait d’autrefois; et d’ailleurs tout le visage, osseux et fort, répond à la construction solide des anciennes tètes en ronde bosse3.