‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 177 sur 312 · Cf. Wiegand, op. L, p · texte numérisé non relu

Cf. Wiegand, op. L, p

en raison de la saillie de leur corniche, devaient être décorés de figures sculptées. En effet, M. Studniczka1 2 sut retrouver les plus notables débris de ces figures, et démontrer qu’elles provenaient du fronton principal et représentaient une Gigantomachie. Puis, M. Schrader-, reprenant et complétant l’étude de M. Studniczka, a donné de cet ensemble de sculptures une monographie à laquelle il n’y a, pour l’instant, aucun élément matériel nouveau à ajouter.

On ne possède pas d’information positive qui oblige à attribuer le nouvel Héccilompédon et sa décoration sculptée à l’époque des Pisistratides. Mais cette époque est déjà indiquée a priori par le caractère même de l’architecture et des sculptures du temple3 4. Si l’ Hécatompédon n’est pas cité par les textes anciens au nombre des fondations dues à Pisistrate, le motif en pourrait être qu’il n’y avait point là une fondation, au sens strict du mot, et que c’était seulement un embellissement et un renouvellement d’un édifice déjà existant. Mais, d’ailleurs, on concevrait mal que les chefs d’Athènes, lorsqu’ils faisaient tant pour l'éclat de la ville'1, eussent négligé l’Acropole, et que ceux mêmes qui organisaient avec pompe la grande fête des Panathénées n’eussent pas senti la nécessité de donner à la patronne de la cité un temple en harmonie avec l’importance nouvelle de ses propres fêtes. La dévotion à Athéna, dont témoigne l’abondance des offrandes archaïques de l’Acropole, trouvait son expression la plus significative dans la reconstruction du temple de la déesse en plus grand et en plus beau ; et n’aperçoit-on pas un lien naturel entre ce brillant renouveau du naos ancien et la brillante apparition, autour du naos nouveau, de cette troupe de corés dont on est unanime à dater la grande majorité de la période 540-510? Enfin, il faut rappeler ici l’éternelle rivalité des Pisistratides et des Alcméonides : ceux-ci, bannis d’Athènes et retirés à Delphes, au moment où le temple d’Apollon venait d’être brûlé et attendait d’être reconstruit, paraissent, d’après tous les témoignages, avoir joué le premier rôle dans la grosse et longue affaire de la réédifica-

Page 1