Cf. ci-dessus, p. 97 sqq
ments : d'avoir été si longtemps attachées au fond et de n’avoir eu d’existence, en quelque sorte, que selon une convention déterminée, elles ont gardé dans leur attitude le pli ancien. Cette raideur gauche s'assouplira, et les incorrections dont elle est la cause1 disparaîtront; car, à présent que ces figures sont devenues statues, elles sont appelées à profiter sans retard de tous les progrès de la statuaire. Mais d’ailleurs, telles qu’elles sont ici, indépendantes du tympan et sobrement travaillées par derrière, elles évoquent déjà celles qui viendront plus tard remplir les frontons du Parthénon.
Pour la composition du sujet, le progrès n’est pas moindre. Nous avons constaté, devant les vieux frontons en pierre tendre, combien les Attiques avaient tardé à entrer dans la bonne voie1’ : l’emploi abusif de leurs êtres mythologiques à corps de serpent ou de poisson avait supprimé pour eux les difficultés du problème, mais aussi les avait limités à des représentations mal équilibrées et en partie vides. Une fois seulement, dans ce fronton de Y Hêcatompédon primitif, qui montrait Athéna assise entre deux autres dieux, on avait eu la satisfaction de voir le personnage principal occuper le centre de la composition et lui donner de l’unité3; mais le sujet alors consistait en un simple arrangement de quelques figures, et était dépourvu de toute action. Avec ce fronton nouveau, les Attiques sont enfin sortis de l’ornière. Ils n’ont eu rien à inventer, du reste; ils ont seulement pris une recette simple et heureuse, que d’autres avaient déjà appliquée, et dont le premier exemple connu nous est fourni par le Trésor des Mégariens, à Olympie. Le sujet est banal, mais il ne l’est devenu qu’à cause qu’il était, par excellence, un sujet pour fronton : claire unité de l’ensemble, exacte symétrie des parties jointe à une grande variété du détail; groupe central, groupes secondaires, et figures isolées dans les angles, tous dépendant de l’action commune; attitudes des personnages, commandées en réalité par la forme du cadre, et semblant n’ètre qu’une conséquence naturelle de l'action, — c’est en faisant retour aux pratiques de la période précédente qu’on appréciera la belle
T. Les plus graves de ces incorrections sont dans le modelé de l'abdomen : conséquence directe de la position forcée du torse par rapport aux jambes.