‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 18 sur 312 · Çf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Çf. ci-dessus, p

3. Le mot est de M. S. Reinach {Gazelle des Beau.r-Arts , 1890, II, p. 432).

Les commencements et le premier âge de la sculpture attique ne nous sont connus que par la légende de Dædale ; mais, à travers le merveilleux de la légende, apparaît clairement le souvenir des longues ignorances et des pénibles efforts d’une enfance privée d’appuis et sans guides. Appuis et guides eussent pu être fournis par les civilisations plus anciennes de l’Égypte et de l’Asie. Rien ne prouve qu’il en ait été ainsi ; et l’observation rigoureuse des faits, des lieux et des époques conduit à croire le contraire. Cela n’empêche ni les échanges industriels ni les transmissions d’idées, dont on peut élargir la part autant qu’on voudra, sans que le domaine propre de la sculpture soit seulement entamé. Il est bien entendu aussi qu’il faudrait atténuer dans de certaines limites la rigueur de cet isolement, si l’on parlait, au lieu de la sculpture attique, de celle de la Grèce d’Asie ; en raison même de la géographie du monde grec, il y a une géographie des influences orientales sur la Grèce, dont on n’a pas toujours tenu compte suffisamment.

Mais quant à la sculpture attique, elle n’a dû qu’à elle-même sa première croissance ; elle est totalement coupée, dans l’espace, des sculptures égyptienne ou assyrienne, totalement coupée, dans le temps, de l’art des pré-Hellènes. Elle nous apparaît, prise à ses débuts, comme autochtone^ . Cette conclusion, à laquelle l’éloignement des siècles dont il s’agit et le manque trop sensible d’informations précises communiquent forcément quelque fragilité, va se trouver fortifiée et, j’espère, établie sur base solide aux chapitres suivants.

Page 1