‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 182 sur 312 · Cf. Furtwængler, Coll. Sabouroff , Introduction , p · texte numérisé non relu

Cf. Furtwængler, Coll. Sabouroff , Introduction , p

effet, entre ces deux têtes, « une extraordinaire parenté de style dans l’exécution des détails comme dans la conception de l’ensemble »L Rappelons donc ce que nous avons dit plus haut1 2 de l’esprit vraiment attique de la tête Jacobsen , et combien elle est apparentée par cet esprit même à la grande coré 671 de l’Acropole3. Mais, depuis que 1 Athéna a pu être reconstituée en entier, elle a suscité d’autres comparaisons avec la statue signée d’Anténor. Comme Anténor, l’auteur de Y Athéna est un maître ouvrier, qui ne craint pas de tailler d’un seul morceau, sans pièces de rapport ni tenons d’aucune sorte, une figure debout, haute de plus de 2 mètres 4. Les refouillements de l’égide et l’ajourement des serpents en bordure constituent une belle preuve, non de virtuosité, mais de vaillance habile, tout comme le creusement des plis tombants de la draperie dans la statue d’Anténor5. Enfin, surtout, nous retrouvons ici, comme dans l’autre statue, une simplicité et une franchise d’exécution, une aisance large et tranquille, une sobriété mâle, un éloignement de la prolixité dans le détail, qui font un contraste frappant avec les petits moyens adroits et les minuties raffinées de maintes sculptures voisines, toutes luisantes d’ionisme.

Cependant, il faut ajouter que l’auteur de la Gigantomachie est resté éloigné des Ioniens un peu moins qu’Anténor 6. La tête de Y Athéna, avec ses yeux obliques, son doux sourire et les moelleuses rondeurs de ses joues, est d’un esprit plus féminin que celle de la coré faite pour Néarchos. Dans les Géants aussi bien que dans Y Athéna, et dans tous les débris retrouvés, la qualité du modelé est généralement meilleure : on y devine une délectation plus grande au travail du marbre ; on y sent une plus délicate adaptation de l’outil aux ressources de la noble matière, pour rendre la fraîcheur et la succulence de la chair. Il n’y a pas lieu de s’étonner, d’ailleurs, que des Attiques, ceux mêmes qui sont demeurés le plus fidèles, en leur fond, au génie national, aient pris aux maîtres étrangers, les uns

1. Cf. Arndt, Glypt. A ’y Carlsberg, p. 1. — Cf. aussi Sehrader, l. L, p. 110; S. Ileinach, Têtes antiques, p. 2.

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