‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 189 sur 312 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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POLYCHROMIE DES SCULPTURES EN MARBRE

tète bleue , à cause que ses cheveux et sa barbe sont coloriés eu bleu : elle rappelle donc, à ce point de vue, les têtes à chevelure bleue et barbe bleue du triple Typhon , et nous verrons d’ailleurs qu’elle n’est pas le seul exemple d'un tel coloriage parmi les sculptures en marbre1 2 3.

Dans les statues de cavaliers, si l’homme est nu, il rentre, pour ce qui est de la polychromie, dans la classe des figures de v.o'j pci- ; s’il est vêtu d’un chitôn, comme l’était le cavalier de Vari:î, on doit admettre que son vêtement comportait, suivant l’usage, une bordure peinte en rouge et bleu. — Le cheval est colorié d’après une règle pareille à celle qui s’impose à la figure d’homme nu; tout le corps proprement dit demeure intact ; les seules parties peintes sont les suivantes : bord de la bouche et naseaux rouges; œil rouge et noir; crinière bleue ou rouge4; la queue aussi était peinte, du même ton certainement que la crinière; et j'admettrais volontiers que les sabots également étaient coloriés.

Le Cavalier en costume asiatique était tout ruisselant de couleurs : conséquence immédiate et nécessaire du costume qu’il avait adopté. Car, si cet accoutrement de Barbare l’avait séduit, ce n’était pas tant, j’imagine, à cause du collant des pantalons et du justaucorps qu’à cause de leur éclat multicolore. L’auteur de la statue devait donc reproduire au naturel le brillant de cet habit d’ Arlequin : il n’y a pas manqué; il a même, pour être exact, augmenté de plusieurs tons sa palette ordinaire5. Les bottines sont rouges, la semelle aussi bien que l’empeigne, avec, sur le cou-de-pied, trois boutons de bronze (autrefois dorés). Les pantalons sont composés d’un assemblage de losanges très allongés, dont chacun se distingue des voisins par sa couleur; le justaucorps, (pie borde en bas un large méandre, offre, sur le haut des cuisses et autour des fesses,

1 . Un exemple unique de l’emploi du jaune pour les cheveux se rencontre dans la tète d'Êphèbe blond , très voisine de l’an 480, que nous étudierons dans un des chapitres suivants.

2. Le cavalier n° 100 du musée de l’Acropole ( Avcli . Jahrbuch, VIH, 1893, p. 140 sqq., n° 13) est nu, mais chaussé de sandales ; les traits rouges dont son pied gauche est rayé, pour figurer les courroies non sculptées en relief, sont les seuls vestiges de couleur qu'il ait sur tout le corps.

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