‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 200 sur 312 · Cf. Curtius, op. L, p. 493 ; Busolt, op. I. , p · texte numérisé non relu

Cf. Curtius, op. L, p. 493 ; Busolt, op. I. , p

5. Cf. Dœrpfeld, Die Zeil des ælteren Parthenon ( Athen . Millheil., XXVII, 1902, pl. XIII-X1V, p. 379-416, plus spécialement p. 403 sqq.. 410 et 416); Wiegand, Poros-Architektur , p. 114. — Du même temps dateraient aussi les premiers Propylées en marbre de l’Acropole, qui n’étaient pas terminés en 480 et ne le furentdone jamais (cf. Du-rpfekl, l. L, p. 403 et 406).

6. Une autre commémoration de la même victoire fut la stoa ionique élevée à Delphes : cf. Bull.corr. hell ., XX, 1896, p. 615 (Homolle) ; München. Silzungsb., 1901, p. 391-392 (Furtxvængler).

7. Cf. laser, allie ., 1, Suppl., 314 «; Lolling, Calai, inscr. Acrop., p. 63, n" 9i. — Le monument fut refait par l’ordre de Périclès après l’expédition d’Eubée en 446; de ce nouveau qua Irige de bronze qui remplaçait l’ancien et portait la même dédicace, il n’a subsisté aussi que quelques lettres de l’inscription : cf. lm:r. allie., I, Suppl., 373i,J; Lolling, op. L, p. 66, n° 93.

RÉSULTATS DE L’iNFLUENCE IONIENNE 337

être attribué le groupe de bronze des Tyrannoctoncs par Anténor : il n'a certainement pas été élevé dans les années qui suivirent immédiatement le départ d’Hippias, puisque, dans ces années-là, le tyran déchu avait encore à Athènes de puissants partisans, comme Hipparque fils de Charmos1, et qu’Isagoras, s’il n’était pas l’ami des Pisistratides, était encore plus l’ennemi de Clisthènes et des Alcméonides. Mais lorsque, vers l’année 505, Sparte, sollicitée par Hippias et prête à tenter la restauration du tyran, fut obligée de renoncer à l’entreprise, et qu’Athènes, ajrnnt vaincu ses ennemis les plus voisins et découragé les autres, se sentit par conséquent maîtresse chez elle et sûre du lendemain2, on comprend qu’à ce moment les Athéniens aient voulu, par une bravade qui visait à la fois les Pisistratides exilés et les Spartiates, leurs protecteurs impuissants, honorer d’un hommage public et solennel Harmodios et Aristogeiton, les deux meurtriers du frère d’Hippias. Le premier groupe des Tyrannoctones aurait donc été érigé aussi entre 505 et 500. Pourtant cette date, quoiqu’elle s’offre dans les conditions les plus favorables, n’est pas absolument certaine3.

Que la production artistique ait été diminuée plus ou moins par suite des troubles et des guerres pendant les années 510-505, et qu’elle ait repris avec plus ou moins d’activité entre 505 et 500, redisons que rien n’annonce en tout cas, ni ne permet de soupçonner qu’elle ait été différente alors de ce qu’elle était la veille. D’une part, le style attique, tel que l’avait fait le contact avec l’ionisme, poursuit certainement son chemin, qu’il poursuivra encore après 500 et très loin au delà, ainsi que nous aurons à le constater. D’autre part, le courant nouveau qui va se dessiner bientôt dans la sculpture à Athènes n’y apparaît certainement pas avant le commencement du vc siècle : un calcul très simple nous permettra tout à l’heure de l’affirmer. C’est avant que n'apparaisse ce courant nouveau, et, avec lui, par lui, une sorte de protestation contre l’ionisme dominant, qu’il convient de jeter un regard en arrière, sur ce demi-siècle que remplit presque tout entier le nom des Pisistratides, et que caractérise, dans l’histoire de l’art, la fusion des écoles ioniennes de sculpture avec l’école attique.

1. Cf. Curtius, op. Z., p. 484, note 1 ; Busolt. op. Z., p. 440, note 3.

2. Cf.- Curtius, op. Z., p. 496 sqq. : Busolt, op. Z.r p. 448-449.

3. Je reviendrai sur ce groupe des Tyrannoctones , dans un chapitre ultérieur.

LA SCULPTURE A TT t QUE AVANT PII1D1AS

Et cette vue (T ensemble est d’autant plus nécessaire que l’ap- -préciation détaillée des œuvres l’une après l'autre a pour effet d'entraîner le jugement quelquefois trop loin dans un sens, puis dans le sens opposé ; une révision dernière, à grands traits, nous rendra le service de tout ramener plus aisément à l’exacte mesure.

En somme,, l’impression générale, si précise et si forte, que donne dès l’abord le petit musée de l’Acropole1, se trouve être la plus juste ; un examen prolongé y peut bien introduire quelques nuances, il n’y change rien au fond. Quand, après le Moschophore et la Femme à la grenade , on voit en longues files s’approcher les corés , pareilles toutes au portrait que fait le poète Archiloque de son amie Néoboulé : « souriantes, une belle fleur à la main, les cheveux flottants sur les épaules et la poitrine » 2, on ne saurait contester qu’une grande nouveauté a passé par les ateliers des sculpteurs athéniens. Moins évidente au premier coup d’œil dans les statues d’hommes nus, cette nouveauté s’y laisse reconnaître avec autant de certitude, et les reliefs en portent également témoignage. Elle est venue avec rapidité et comme tout d’un coup, vers le milieu du vi° siècle, s’est imposée sans effort, d’une manière universelle, et a duré au moins jusqu’à la fin du siècle sans provoquer la satiété. Il est vrai que, en y regardant de près, on découvre des échelons intermédiaires entre la période antérieure et la nouvelle, et que des œuvres importantes, çà et là, qui conservent fidèlement certaines traditions précieuses de l’ancien art attique, n’obéissent pas avec une docilité parfaite au commun mot d’ordre. Mais les hésitations, les réticences, les exceptions même, quelque intérêt qu’elles puissent offrir par ailleurs, affaiblissent à peine l’impression d’unité dans la technique et d'unité dans le style qui ressort de cette foule de monuments si diverse et si copieuse, la plus copieuse qu’il y ait pour aucune des époques de l’archaïsme grec. A la force de cette impression se mesure l’influence qu’eut à Athènes l’art ionien, tel que l’avaient fait les brillants sculpteurs de Chios et leurs imitateurs immédiats de Naxos et de Paros : il s’était répandu hors

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