‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 217 sur 312 · COURANT A TTI CO-DO RIEN · texte numérisé non relu

COURANT A TTI CO-DO RIEN

tie des cheveux, réservée à dessein, qui est rabattue depuis le milieu du crâne vers le front, sur lequel ces cheveux finement ondulés descendent très bas ; enfin, sur la calotte du crâne jusqu'à la couronne constituée par les deux nattes, les cheveux sont peignés de la façon la plus régulière, comme s’ils étaient indépendants de tout le reste, alors qu’ils devraient se diriger par moitié vers le point de départ de chacune des deux nattes, qui, sans eux, n’existeraient évidemment pas. Une telle incorrection1, qui contraste beaucoup avec le soin extrême donné au détail, parait indiquer que l’auteur était peu

Fig. 28. — Fragment de tète d’une statue d’homme (Acropole).

familier encore avec ce genre de coiffure, lequel, en effet, n’a dû commencer à se répandre que dans le premier quart du Ve siècle2. — Il existait cependant sur l’Acropole, avant 480, au moins un deuxième exemple d'une grande statue portant

1. Voir comment ellea été rectifiée dans des statues postérieures, où existe le même genre de coiffure, par exemple dans l 'Apollon à i omphalos ( Arch . Jahrbuc/i, XI, 1896, p. 258, fig. 1).

2. Les exemples qu’on en rencontre sur les vases peints ne sont pas non plus antérieurs à cette époque : cf. la plus récente étude de cette coilture, par M. Studniczka {Arch. Jahrbuch, XI, 1896, p. 257 sqq.);aux exemples réunis là, ajouter une petite tête enterre cuite, du musée de Berlin {Arch. Anzeiger, 1891, p. 120, n° 4).

les cheveux nattés et noués de cette façon : la preuve en est ce fragment de tête [fig. 28), que j’ai remarqué dans une des vitrines du musée1. La seule différence avec ÏÉphèbe blond est que l'extrémité des nattes est visible, n’étant point recouverte par une couche de cheveux superposée. Pour le reste, l’identité est complète : on retrouve sur la calotte du crâne les larges ondulations concentriques, que recoupent de haut en bas les ondulations plus fines des cheveux eux-mêmes ; les nattes sont pareilles, prennent naissance au même point; et l’incorrection signalée ci-dessus, pour le rendu des cheveux sur les côtés et par derrière, est demeurée sans changement.

A la présomption de date, qui résulte de la présence de cette coiffure particulière, s’ajoute que la statue d 'Éphèbe blond n’était plus frontale : l’inclinaison de la tête vers la droite, le cou légèrement tordu, l’épaule droite remontée témoignent que le torse devait être un peu désaxé et que le poids du corps portait sur une seule jambe2. Cette attitude dans une statue de grandeur naturelle, représentée au repos, est un deuxième indice d’une date plutôt récente. Pour confirmer ces indications, enfin, il y a la qualité du travail, il y a surtout le caractère de la physionomie : et l’on admet unanimement qu’entre les sculptures archaïques de l’Acropole, la tête d 'Éphèbe blond est sans doute la plus rapprochée de l'an 480.

Sa physionomie diffère un peu de celle de la coré d’Euthydicos , si on regarde les deux têtes de face : le front, tellement rétréci par le flot débordant des cheveux, donne à l’ensemble un autre aspect que le beau triangle régulier par où s'allonge l’ovale du visage, chez la jeune femme; puis le globe de l’œil est moins petit et remplit plus exactement sa cavité; les paupières aussi sont moins épaisses, et la paupière inférieure est davantage infléchie3; la bouche est un peu plus fendue, et le dessin de la lèvre supérieure est plus rectiligne, les coins moins retombants. Au contraire, la ressemblance entre les deux têtes apparaît très grande, si on les regarde de profil : c’est la même ligne du bas du front et du nez, celui-ci coupé un peu court et de telle sorte que la base n’en est pas horizontale, mais un peu oblique et remontante; c’est la même dépres-

1. Je dois la photographie de ce fragment à la complaisance de M. G. Toudouze.

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