Dans l’œil droit plus que dans l'œil gauche
COURANT ATTICO-DORIEN
sion étroite entre la lèvre supérieure et la cloison du nez; le même modelé simple des joues larges et du menton fort ; enfin, trait essentiel, la même expression légèrement chagrine et morose de la bouche. — En raison de ces ressemblances, on peut, sans trop de témérité, supposer, comme je l’ai fait jadis1, que les deux œuvres proviennent d'un seul et même auteur, séparées par un petit intervalle de temps. VÉphèbe blond étant plus récent que la coré d'Euthydicos ; et je suis plus enclin à maintenir qu’àretirer cette hypothèse, quand je constate encore combien, dans les deux têtes, le fin travail d’ondulation des cheveux est pareil, et combien sont pareils certains détails du cartilage de l’oreille. Cependant on reste toujours libre de ne pas accorder à ces constatations autant d’importance que je leur en prête, et de voir, dans ces traits communs aux deux sculptures, de simples rencontres, assez naturelles, à l’époque archaïque, chez deux artistes contemporains, travaillant selon le même esprit, peut-être d’après les mêmes modèles : mais cela revient à étendre davantage l’effet de cet esprit nouveau et la force d’attraction de ces modèles, grâce à quoi les œuvres de deux artistes différents ont pu être si semblables dans leur caractère général et jusque dans le détail de leur exécution.
Après les statues, les bas-reliefs. Il y en a plusieurs qui doivent prendre place dans la présente série. Le plus remarquable, encore que les mutilations subies l’aient presque entièrement détruit (fig. 29), se trouve au musée de l’Acropole2. C'est une plaque plus haute que large, un peu plus large en bas qu’en haut, couronnée d'un petit fronton arrondi ; les dimensions en étaient de lm,25 environ sur 0m,78. Dans le champ creux, délimité par l’encadrement des deux bordures inférieure et supérieure et des minces bordures latérales, un homme barbu, d'âge moyen, est représenté assis sur un tabouret à quatre pieds3. Il est posé de profil à gauche. Sa draperie lui enveloppe étroitement les jambes et devait couvrir aussi le ventre; une partie en retombe à grands plis sur le côté, du tabouret : le torse et les bras étaient nus, comme il convient