‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 219 sur 312 · Cf. Au mus. cle l'Acrop ., p. 374 sqq · texte numérisé non relu

Cf. Au mus. cle l'Acrop ., p. 374 sqq

2. N° 1332. Cf. Athen. Mittheil., XII, 1887, p. 266 ; Pawlowski, op. I, p. 297, 6g. 109. Marbre pentélique : cf. Lepsius,o/>. I., p. 75, n°72.

3. Tabouret analogue à celui du troisième Scribe n° 629 (cf. ci-dessus, p. 271), mais de forme plus fine et plus élégante.

à l’ouvrier qui a besoin de l’entière liberté de ses mouvements1 2. Cet homme a voulu, en effet, être figuré dans sa tenue de travail, tenant dans les mains les produits de son travail. Sa main gauche, abaissée le long de la cuisse, presque au niveau du siège, tient par le pied une large coupe, et le petit doigt accroche par l’anse une seconde coupe qui pend verticalement, pareille à la première et de forme et de grandeur. Je suppose que l’avant-bras droit devait être tendu horizontalement et que la main présentait quelque autre vase, d'espèce différente, peut-être une amphore. C’est donc un maître potier, offrant à Athéna quelques échantillons choisis de son art ; et le relief, ainsi consacré sur l’Acropole, équivalait à une epywv à-a p-/r(. La dédicace en était gravée, de bas en haut, sur les bords montants du cadre; mais les rares lettres qui subsistent ne nous laissent pas deviner le nom du donateur-.

Du moins cette inscription nous rend-elle un précieux service. On en peut comparer les lettres aux lettres correspondantes de la dédicace de Néarchos, gravée sur la grande coré d’Anténor, et il apparaît tout de suite qu’elle est d’une époque plus récente. Comparée pareillement à la dédicace d’Euthydicos, elle se révèle encore comme plus récente. L’offrande, sûrement antérieure à 480, serait ainsi postérieure à la coré ci' Evthydicos ; il est probable qu’elle n’avait été dressée sur l’Acropole qu’un petit nombre d’années avant qu’elle fût brisée par les Perses3. Les caractères du travail confirment cette date. Les jambes, s’écartant un peu Lune de l’autre au dessous des genoux, de façon que le pied droit avançât sur le gauche ; l’habile position du torse qui, sans effort, se présente en raccourci, laissant voir à la fois la poitrine et les deux épaules; la délicate et l’on peut dire spirituelle exécution de

1. Cf. le relief de l’Acropole n° 3TÎ, Athéna et l'ouvrier : dans les Mélanges Perrot , p. 201. fig. 2.

2. Inscr. allie., I, Suppl., 313'23'- ; Lolling, Catal. inscr. Acrop., p. 126,11“ 281. — Dans les trois lettres ...toc, qui précèdent le verbe àvsôsy.ev, il serait bien tentant, mais un peu aventureux, de reconnaître la fin du nom d’Euplironios, de qui on a retrouvé sur l’Acropole une dédicace, certaine celle-là, avec les mots bien conservés E-jçpôvio;...xspa^s'j; (cf. Inscr. atlic., I, Suppl., 334 et 362 ; Lolling, op. /., p. 62-63, n° 83).

3. Aussi les couleurs ont-elles duré mieux que dans la plupart des autres reliefs : draperie rouge, ainsi que le tabouret et les deux coupes; traces de rouge sur les lèvres; traces de bleu très visibles sur le fond, derrière la tête: traces de rouge très apparentes sur le linteau; lettres de l’inscription peintes en rouge.

Fig. 29.

Relief du Maître potier (Acropole).

la main gauche et des deux coupes qu’elle porte, l’une en haut, l’autre en bas ; enfin le joli modelé des plis de la draperie pendant sur le côté du tabouret, — ces divers détails témoignent, chez l’auteur, d’une science alerte et sûre, qui a fini, ou peu s’en faut, son temps d’apprentissage. De plus, la tête nous offre un ensemble de traits significatifs. Le crâne régulièrement arrondi ne fuit pas en arrière ; le revers en tombe quasi verticalement jusqu’à la nuque; les cheveux sont courts; le profil du visage est déjà bien près du profil classique; la bouche n'est plus souriante, et, par son dessin, rappelle beaucoup celle de YÉphèbe blond. D’autres ressemblances avec cette dernière tête se manifestent aussi dans le dessin de l’oreille et dans les ondulations des cheveux sur le crâne. L’exécution ici est moins fine, plus lourde; mais il me paraît bien que c’est le même art, inspiré du même esprit.

De cet esprit, je crois rencontrer quelque chose encore dans un fragment de stèle funéraire, récemment entré au musée de Berlin1 2. On y voit la partie supérieure d’une figure de femme debout, plus petite que nature ’, qui, de sa main gauche relevée à hauteur de sa poitrine, présente, délicatement tenue entre les deux doigts, une fleur. Si l’autre main, comme il est possible, relevait les plis du vêtement, la figure était une exacte reproduction en relief du type ordinaire de la statue de coré : rien de plus naturel dans un relief de nécropole, puisque la statue de coré pouvait elle-même constituer une statue tombale3. M. Kékulé, en publiant ce morceau, l’a rapproché de la stèle d’ Aristion, mais lui a assigné une date un peu plus récente. D'après la date probable de la stèle d 'Aristion 4, le marbre de Berlin ne serait donc guère postérieur à l’an 520. Mais aussi, il se pourrait que M. Kékulé ne l’eût pas assez rajeuni. Je crois qu’on doit le placer plutôt après 500, non loin de la coré d'Euthydicos. L’aspect de la chevelure, divisée en bandeaux, sans frisures sur le front, et, par derrière, arrêtée plus court que d’habitude et nouée d’un cordon à l’extrémité5; le mince

1. Cf. Berlin. Sitzungsb ., 1902, I, p. 387 sqq., fig. aux p. 392 et 399 (Kékulé von Stradonitz); Arch. Anzeiger, 1903, p. 33, n" 17 ; Perrot, Hist. cle l'art, VIII, p. 662, fig. 340. La provenance exacte n’est pas connue. Marbre pentélique.

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