‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 236 sur 312 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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COURANT ATTFCO-IONIEN

qu’il a presque disparu, et qu 'enfin à la plus rare qualité de modelé s’allie un dessin d’une fermeté et d’une précision singulières. Ces quelques traits doivent être commentés.

Il ne se manifeste ici aucun désir de réaction contre l’ionisme. C’est bien plutôt une sorte de retouche du type ionien, en vue de le débarrasser d’une certaine convention devenue banale et de développer les germes de beauté particulière qu’il portait en lui. L’élégance, le charme, le désir de plaire sont toujours le but; mais les moyens employés pour y atteindre témoignent d’un esprit différent. L’artiste compte moins sur les joliesses purement extérieures, sur les menues habiletés du ciseau amusantes à l’œil, sur les fignolages décoratifs de la coiffure et du costume. Remarquons qu'il ne s’est pas mis en frais d’invention pour renouveler les frisures au dessus du front et que nous en avons connu de plus compliquées et délicates1; les longues boucles retombant sur les seins sont d’un travail relativement simple ; et l’étroit collier de perles au bas du cou est presque modeste. A ces grâces ajoutées du dehors, l’auteur a senti qu’il devait préférer le charme qui vient du dedans ; sans négliger les élégances attachées à la parure féminine, on voit qu’il les considère comme ne devant être que l’accompagnement et le complément de ce charme essentiel. C’est donc sur le visage qu’il a porté son effort. Les traditions de l’ancienne école attique, continuées jusqu’à son propre temps par des artistes comme Anténor, lui ont fourni ce type de visage un peu large, solidement construit, fermement dessiné, ces joues pleines sans mollesse, ces yeux droits sous l’arc bien ouvert des sourcils. Mais c’est aux exemples et aux leçons des Ioniens qu’il doit d’avoir pu joindre à ce dessin si ferme un modelé si savoureux, d’avoir su caresser les chairs des joues avec tant d’exquise tendresse, d’avoir exécuté supérieurement les fins refouillements de l’oreille et la jolie petite fleur de marbre fixée sur le lobule. La bouche surtout est admirable : pure et serrée de ligne, aussi délicate que ferme dans ses contours, prête désormais, peut-on dire, pour toutes les nuances du sourire.

C’est ce sourire qui vaut le plus : sourire à peine aperçu, reflet léger de je ne sais quelle sérénité intérieure, fine clarté émanant de l’être intime. Combien éloigné du sourire des

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