Cf. Hésiode, Bouclier d' Héraclès
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peine est-il besoin de la signaler. La taille et l'attitude des acteurs ont été déterminées par là : Héraclès , placé au centre, est d’une taille acceptable ; mais Iolaos est beaucoup plus petit ; et ce n'est pas, comme on pourrait le croire, parce qu’il est un héros de moindre importance, mais simplement parce que la place où il est ne permettait point de le grandir davantage. C’est pour la même cause que les chevaux semblent être de si petite race, et pour la même cause encore qu’ils sont représentés broutant ; car leur tête, s'ils la redressaient, déborderait le tympan b Enfin, si le Crabe est tellement éloigné du talon d’Héraclès, c’est qu’il y avait, à l’extrémité du fronton, un trou à boucher, et que la forme de la bête la désignait pour boucher ce trou. — Le sculpteur s’est donc préoccupé avant tout de remplir exactement l’espace qu’il avait à remplir, fût-ce aux dépens de ses personnages. Quant à composer son sujet, à lui donner cette unité dans l’ensemble et cette symétrie dans les parties qu’exige la décoration d’un fronton, il n’y a seulement point songé. Les acteurs de la scène s’alignent à la file comme sur une frise, sans être véritablement rassemblés en un groupe1 2 : Iolaos , le char, le Crabe tiennent près de la moitié de l’espace total, et pourtant on voit que ce ne sont que des accessoires et des figurants qu’on pourrait supprimer ou dont, au contraire, on pourrait augmenter le nombre, indifféremment. Ajoutons qu 'Iolaos, son char et ses chevaux sont tournés dans le sens opposé au centre, en sorte que la composition fuit d’un côté, au lieu d’être rassemblée vers le milieu. Bref, du fronton il n’y a guère ici que le cadre architectural ; mais les règles essentielles de la décoration sculpturale y sont méconnues, ou plutôt les sculpteurs de ce temps ne les soupçonnaient pas encore.
L’intérêt principal de l’œuvre est dans ce qu’elle nous apprend sur le travail de l’ouvrier, la nature et le maniement de ses outils, ses rapports, si on peut dire, avec la matière employée, en un mot sur toute la technique de son art. Pour en bien juger, il faut reporter notre pensée jusqu’aux œuvres en
1. D'après M. Studniczka (Arch. Jahrbuch , I, 1886, p. 88), les chevaux seraient représentés flairant le Crabe. L artifice ne laisserait pas d’être ingénieux; mais en est-il bien ainsi? En tout cas, quelque prétexte qu'il se soit donné il lui-mêuie, si l'artiste a abaissé la tète des chevaux, c’est, en réalité, parce qu’il ne pouvait pas, faute de place, la redresser.