Hauteur maximum du fragment, 0ra
2. Il existe peut-être quelques fragments du groupe, encore épars et non reconnus ; M. Arndt ( l . I.) a réuni diverses indications données à ce sujet. L’un de ces fragments, dont on ne sait aujourd’hui ce qu'il est devenu, serait une tète d'homme saisi à la gorge par la main gauche d'un autre homme : ce serait donc la tête du deuxième personnage et la main gauche du premier.
3. Le grand groupe central du fronton de la Gigantomachie , bien qu'il soit, au point de vue matériel, exécuté en ronde bosse, ressortit encore au genre du relief : cf. ci-dessus, p. 304.
COURANT ATTICO-IONIEN
tateurs attiques. D’autre part, si c’est dans des œuvres « doriennes » qu’il a puisé ce souci de l’anatomie1, il ne leur a pas pris pourtant leur aspect solide et carré; il préférait une silhouette plus fine et une maigreur élégante. L’élégance, ilia mettait tout entière, pour ainsi dire, à l’intérieur, dans la charpente même; et la chair par dessus n'était qu’une enveloppe mince, un habillement un peu juste. N’aperçoit-on point là quelque chose de cet esprit particulier qu’on désigne, dans les œuvres littéraires, sous le nom d'atticisme, et qui fut, en effet, une fleur exquise du génie attique, entre toutes celles, passablement diverses, qu’a produites ce souple et fécond génie? Or, le torse de l’Acropole où apparaissent les qualités de ce genre n’est même pas une exception dans l’art de cette époque : il a derrière lui la stèle de V Hoplitodrome-, où nous avons signalé des traits identiques, encore qu’un peu moins apparents, et à côté de lui certaines métopes du Trésor des Athéniens à Delphes, que nous allons retrouver bientôt3.
Il me semble que cet esprit-là, cet esprit bien attique, se reconnaît aussi dans un petit Sphinx de marbre (fig. 35), qui cependant a été trouvé à Ægine 4. Ce qui reste du corps est d’une exécution fine et serrée, où la précision n’exclut nullement l’élégance; et l’aile droite, la seule qui se présentât au spectateur5, est décorée de touches de couleur légères et harmonieuses, à demi déteintes aujourd’hui, et par là peut-être plus charmantes encore6.
Il reste les bas-reliefs, qui, à Athènes du moins, sont peu
1. Cf., par exemple, la statuette de bronze, au Louvre (Longpérier, Notice des bronzes , 60), que M . Kalkmann a étudiée à fond ( Arch . Jahrbuch , VII, 1892, pl. IV, p. 127 sqq.) et qu’il attribue à l'école d’Ægine, en la datant de 530 environ. 11 est possible que la statuette ne soit p is æginétique, mais elle est encore moins attique ou ionienne.