‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 247 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 296 sqq., fig · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 296 sqq., fig

3. M. Richardson a publié (cf. American journ. arch., IX, 1894, pl. XI, p. 53 sqq.) un petit torse d’homme en marbre, trouvé à Daphni et conservé au Musée national d’Athènes, qui me paraît, autant que l'image permet d’en juger, être du même style que le torse del'Acropole et que certaines métopes du Trésor des Athéniens.

4. Mus. nat. d'Athènes, 77. Hauteur maximum, en l’état actuel, 0ra,58.

5. La tête était posée de face sur le corps de profil, comme le prouvent les boucles de cheveux encore subsistantes : l’aile droite était donc la seule en vue.

6. Un autre Sphinx, plus mutilé (Mus. nat. d'Athènes, 78), découvert en Attique celui-là, offre une certaine ressemblance avec le Sphinx précédent ; mais il était, autant qu’on en peut juger maintenant, d'un travail moins délicat et moins serré.

nombreux. En revanche, ils sont de premier choix. Le plus considérable, composé de deux morceaux qui se raccordent, mais le laissent encore incomplet cependant, est exposé aujourd’hui dans le vestibule du musée de l’Acropole 1 ; c’est le relief bien connu de la Déesse montant en char 2. Ce qui subsiste de l’attelage suffit tout juste pour nous renseigner quant au nombre des chevaux : on compte quatre queues, disposées deux à droite et deux à gauche du timon, et il y a deux jambes postérieures, dont l’une presque entièrement masquée par l’autre. Sur le char bas, à la caisse étroite, surmontée d’une antyx , la déesse a déjà posé le pied gauche; son pied droit est encore à terre. Elle penche le corps en avant, et ses deux bras sont inégalement tendus, la main droite tenant le fouet, tandis que la main gauche tenait les rênes. Elle est vêtue à l’ionienne, d’un chitôn long et d’un himation drapé en châle;

1. N° 1342. Le plus grand des deux morceaux ayant été trouvé dès 1823 et l'autre dès 1832, on comprend que ce marbre a dû être publié et commenté quantité d,e fois ; il serait malaisé, et d’ailleurs bien inutile, d’en fournir une bibliographie complète. M. S. Reinach en a donné une qui est déjà abondante : cf. Le Bas-Reinach, Mon. fig., p. 30-31, avec les Addenda dans le t. HL delà Bibliothèque des monuments figurés , p. xm. Y ajouter, comme publications postérieures : Brunn-Bruckmann's Denkmæler , 21 ; Collignon, llist. sculpl. gr ., I. p. 377, fig. 191; Pawlowski, op. I., p. 294, fig. 106; Arch. Jahrbuch , XI, 1896, p. 265, fig. 7 (Studniczka) ; Perrot, Hist. de l'art , VIII , p. 655, fig. 335 ; Lepsius, op. I., p. 75, n" 78 (marbre pentélique). Et ce n’est pas tout.

2. Je m’en tiens à l’appellation ordinaire. Il est vrai que ni la coiffure ni le costume n’obligent strictement à voir ici une femme : M. Hauser (Arch. Jahrbuch , VIII, 1892, p. 54 sqq.) a cru y reconnaître Apollon; et M. Sophoulis (’Eçvjp.. àpx-, 1885, p. 251), ainsi que M. Bœtticher ( Ahropolis , 1888, p. 85) et M. Michaelis (Altattische Kunst, p. 32), un jeune vainqueur aux Jeux des Panathénées. Mais il me semble que l’aspect du costume désigne plutôt une femme; et certaines figures de la frise du Trésor des Cnidiens à Delphes (cf. Ilomolle, Fouilles de Delphes , IV, pl. VII-V1II) tendent à confirmer cette interprétation. Au reste, ceux qui croiraient que la question ne peut pas être tranchée pourraient adopter l’appellation neutre : Personnage montant en char , ou plus simplement encore : VAurige de V Acropole. — Si l’on hésite déjà à décider qu’il s’agit bien d une femme et d’une déesse, on hésite encore plus à donner un nom à cette déesse. Athéna ou Nike ? M. Savignoni ( Bœm . Mittheil., XII, 1897, p. 313) s’est prononcé pour Athéna. Mais il fautremarquer que les chars portent habituellement deux personnes, et que ce n’est pas d’ordinaire la plus « qualifiée » des deux qui conduit. La conductrice ici pourrait bien ne pas conduire pour son compte : char et attelage pourraient être ceux d’une déesse de plus haut rang, qui aurait été figurée debout sur une autre plaque, à gauche du spectateur (puisque aussi bien le relief n’est pas complet de ce côté). Dans cette hypothèse, la conductrice serait donc une divinité de second ordre, Nike ou une autre, pareille à celles qui guidaient les chars de Poséidon et d’Athéna, dans le fronton occidental du Paithénon.

COURANT ATTICO-IONIEN

et la manière dont elle est coiffée, les cheveux par derrière relevés, puis retombant en forme de bourse pesante, est celle

Fio. 35. — Statue de Sphinx (Athènes, Musée national).

que les Ioniens appelaient spécialement corymbos et les Attiques crobylos ■ .

1. Sur le crobylos, cf. A 'uove Memorie dell ' Inst., p. 40S sqq. (Conze); et, plus récemment, Arch. Jahrbuch , XI, 1896, p. 248 sqq. (Studniczka).

C'est une de ces œuvres où les conventions et les incorrections mêmes de l'archaïsme se tournent en charme, tant l'art y est fin, joli, élégant, d’une « grâce plus belle encor que la beauté ». Les proportions du corps sont un peu longues, effilées, et rappellent par leur minceur élégante celles du torse d’homme, provenant d’un groupe mutilé, dont nous avons parlé ci-dessus1. Les plis du chitôn, sur le bras droit, sont d’une légèreté molle qui ne pouvait guère être dépassée et qui ne l’a pas été, en effet, dans le travail tout pareil de la masse des cheveux. Les plis de l’himation s’espacent en larges courbes régulières sans raideur, ou se resserrent en longues gerbes, ou retombent entre les deux bras en zigzags opposés, dont l’imiformité n’est pourtant pas monotone. On observera l’amusant et savant effet pittoresque que font ensemble, dans l’étroit espace entre le bras droit en haut et la jambe droite en bas, le faisceau oblique des plis de l’himation descendant en éventail à demi ouvert ; puis le pan retombant du même vêtement avec sa double ligne de zigzags terminés en pointe ; enfin, au troisième plan, les plis du chitôn qui s’allongent en s’écartant peu à peu, comme la longue queue fine de certains oiseaux. Brunn, après une analyse de ce relief2, a très justement rappelé les mots qu’un ancien appliquait à la fois à l’orateur Lj'sias et au sculpteur Calamis : la Xstî-otyîç et la /âpi; que Denys d’Halicarnasse prisait chez ces deux artistes de genre différent, il les eût retrouvées également ici, dans cette délicatesse d'exécution, légère et sûre, qui, par l’élimination de toute pesanteur, de tout empâtement, aboutit finalement à une éclosion de charme, à une fleur de grâce.

Plusieurs traits de cette œuvre, outre la qualité générale du travail, indiquent qu’elle est certainement postérieure à 500. On remarquera d’abord comme l’étoffe de l’himation se relève et s’écarte autour de la nuque et de l’épaule gauche, laissant libre jeu aux mouvements du cou; il a fallu du temps pour en arriver à cet important progrès, de détacher le vêtement du corps et de lui donner un commencement de vie véritable : nous n’avons rencontré un tel détail aussi net qu'une fois encore, dans une des statues de l’autre série, qui compte parmi les

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