Cf. Ilomolle, Fouillés de Delphes , IV, pl. XLI
COURANT ATTICO-IONIEN
thoracique; l’abdomen est nettement divisé en six compartiments par la ligne blanche verticale et les intersections horizontales; le nombril est ciselé avec une finesse minutieuse; les côtes ressortent comme si la peau par dessus eût été enlevée. Autour de l’épaule droite, les muscles se soulèvent ou se creusent avec la plus franche vigueur, et la jambe gauche ployée est musculeuse et puissante à souhait. La peau de lion qui flotte derrière le dos est attachée sur la poitrine par un nœud qui lie ensemble les deux pattes de devant : les plis de cette peau, le nœud qui la serre et les griffes des pattes sont taillés avec la même décision et la même netteté ; les griffes surtout semblent burinées sur bronze. Dans la métope Héraclès et Kyknos 1 , les parties intactes des deux corps nus offrent des caractères identiques ; pareillement, le torse du Minotaure dans la métope Thésée et le Minotaure 2, et celui du Géant renversé dans une métope très mutilée qui représentait un des exploits de Thésée3. Enfin, la plupart des corps d’animaux montrent aussi ces qualités particulières dans le rendu des formes. Que l'on s’arrête notamment devant le superbe taureau qui subsiste seul de la métope Thésée et le taureau 4 : il est d’une vigueur de dessin qui n’a d’égale que la justesse dans le nuancement des diverses parties ; le grand os plat de l'épaule gauche y est aussi soigneusement marqué que les muscles de la cuisse gauche ou les tendons de la jambe postérieure droite, et, soit que l’on considère les os durs du devant de la tête ou les chairs molles du tour de la bouche ou le tissu caoutchouteux des naseaux ou les fanons plissés et tremblants, on éprouve partout la même sensation d’un travail ferme et fin, pénétrant et juste.
De telles qualités sont celles qui distinguent les peintures des beaux vases attiques « de style sévère », aux plus anciens desquels on assigne pour date les environs de 490; ils se recommandent, dans les représentations du corps humain nu, par un dessin serré, précis, dont la sobriété a quelque chose parfois de schématique, mais qui est remarquablement juste et témoigne d’une sévère étude de la forme, avec le souci d’ « écrire » à la perfection l’essentiel de cette forme et seule-