Cf. Homolle, op. I., pl. XL11I
COURANT ATTICO-IONIEN
constituent pas le caractère dominant de l’ensemble ; et, là même où elles sont le plus frappantes, encore s’y joint-il des qualités d’un autre genre, qu’il convient maintenant de signaler. Ainsi, dans la métope Héraclès et la biche , la tête d’Héraclès montre la plus charmante, voire la plus coquette délicatesse d’exécution. Elle est tout à fait plaisante à étudier, avec ses petites boules frisées figurant la barbe, et, pour figurer les cheveux, des boules pareilles, mais qui vont en grossissant vers le front de manière à y former un épais bourrelet à deux étages, par dessous lequel dépasse encore un rang supplémentaire de petits frisons aplatis. Et l’on peut dire des yeux, des sourcils, de la bouche, qu’ils ont été découpés et modelés par un ciseau amoureux de son travail. Pareillement, dans la métope Thésée et le Minotaarc, on appréciera le soin délicat que l’auteur a mis à ciseler l’œil gauche du Minotaure, et les gros plis de sa peau sur le cou et sous le menton, et les fins poils disposés en trois rangs sur son front, et jusqu’aux ongles de la main gauche de Thésée qui a saisi une des cornes du monstre. Dans la métope Héraclès et Kyknos, on fera des observations analogues sur la tête et la main droite d’Héraclès; mais surtout on admirera chez Kyknos, après sa musculature si forte et si nettement soulignée, l’élégance de ce corps allongé et svelte, auquel sa pose oblique, le mouvement de chute en arrière dans lequel il est représenté, ajoutent une souplesse pliante et une grâce languide de la plus fine saveur.
Ces qualités de grâce et de charme prennent franchement le dessus dans d’autres tableaux, de préférence dans ceux où parait Thésée. Yoici le héros luttant avec le Minotaure : il n’est pas nu comme son adversaire ; son chitôn léger, aux plis ondulés, serré à la taille par la ceinture, voile à demi la robustesse de son corps et le rend plus mince et plus jeune ; sa force est comme vêtue d’élégance. 11 se montre à nous plus charmant encore, et d’une autre façon, dans la métope Thésée et T Amazone'. La guerrière, devant lui, cuirassée et casquée, s’affaisse blessée à mort; sa tête penche, comme une fleur dont la tige est brisée1 2; et elle sourit, de ce sourire archaïque qui reste le même chez les mourants ou les vivants.