Cf. Homolle, op. Z., pl. XL
2. C’est déjà le mouvement de la Penthésilée du musée de Vienne: cf. R. von Schneider, Album , pl. II ; Brunn-Bruckmann's Denkmæler , 418.
En face d’elle, son vainqueur Thésée sourit aussi ; des jeux, des lèvre;, de tout le visage il sourit, et sa tête s’incline doucement sur l'épaule avec une langueur quasi féminine. Son corps nu garde tous les signes de la force virile, il est vrai ; mais ce n’est plus l’aspect d’ «écorché» de V Héraclès domptant la biche: les indications du thorax, du ventre et des côtes sont abrégées, hâtives, et l’on voit bien que l’artiste a eu souci moins du détail de l'exécution1 que de l'expression générale. Cette expression, il l'a voulue et l’a faite jolie et gracieuse. La tête, imberbe, avec ses longs cheveux tombant sur le dos et ses longues boucles ondulées courant par devant sur chaque épaule, avec son front couronné de petites frisures rondes que surmonte un second rang de frisures d’une autre sorte, cette tête est presque une tête de jeune fille. Il y a bien un casque posé par dessus cette délicate chevelure, un casque à couvrenuque et à cimier; mais on le remarque à peine, ou plutôt ce qu’on en remarque seulement, c’est le bord antérieur, tout pareil à une Stéphane , et par là se complète, au lieu de s’atténuer, l’apparence féminine du héros. Puis, que la draperie, retenue aux épaules et flottant largement par derrière, est d’un goût élégant! Nouée et portée exactement comme la peau de lion d'Héraclès, combien elle en est différente ! La peau de lion, vêtement glorieux, mais lourd, rude, sanglant, dépourvu de grâce, convient excellemment au robuste Héraclès, au peu délicat ouvrier de tant de rudes travaux; mais comme cette draperie courte, cette cape légère, fine, souple, aux gracieux plis mouvants, s’ajuste mieux aux épaules du jeune chevalier Thésée! C’est bien là, en effet, le joli Thésée de la légende, au printemps de sa vie, à l’aube de sa gloire ;le Thésée jeune, imberbe, encore un peu «demoiselle»2, naïvement fier de sa