‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 257 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 146 sqq · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 146 sqq

2; Cf. la métope Héraclès et Kyknos (Homolle,op. I., pl. XLII1.

COURANT ATTICO-IONIEN

qu’ont exercée à Athènes les sculpteurs ioniens durant la seconde moitié du vic siècle ; mais elles sont attiques par l’exécution, par le sentiment, par la transformation qu’a subie en elles ce qu’il y est resté d'ionien. Elles donneraient à croire que l’art attique ne s’est confondu un moment avec l’art ionien que pour mieux surprendre le secret de son habileté matérielle et de son ingénieuse élégance, et qu’ensuite, aussitôt entré en possession des qualités qu'il désirait acquérir, il a fait réagir ses qualités antérieures surles nouvelles, pour les équilibrer les unes par les autres, de crainte que l’habileté ne devînt virtuosité, que la finesse ne tournât en futile minutie, que l’élégance cessât d’être simple et la grâce d’étre naturelle. Même dans celles de ces sculptures qui sont encore le plus près des types ioniens, on retrouve toujours, plus ou moins, en un détail ou un autre, cette sorte de rappel à la simplicité, élément essentiel de la -/«?'.? attique; et c’est, en effet, pour composer ce délicat parfum de la grâce attique que se rapprochent et commencent à se fondre les éléments lentement élaborés par les artistes d’Ionie et ceux d’Athènes. Mais les premiers ont maintenant fini leur tâche ; les seconds ont reçu d’eux ce qui leur était nécessaire ou utile, et ils pourront tout seuls atteindre le but, qu’ils sont seuls capables d’atteindre. Par les Attiques sera pleinement réalisé l’idéal de beauté élégante et charmante, que les Ioniens du vie siècle avaient eu le mérite d’ébaucher, et il le sera avec une fleur de grâce et une suprême distinction que les Attiques seuls pouvaient lui donner.

Nous voyons ici le commencement de leurs efforts dans la voie définitive; efforts inégaux, et qui témoignent de tempéraments divers. Cette diversité est une preuve nouvelle du progrès qui s’est accompli; la personnalité de l’artiste n’est plus étouffée par la discipline traditionnelle, elle perce librement ; et les oeuvres de chacun porteront désormais leur marque propre, de plus en plus apparente. Mais ces différences sont de peu de poids relativement aux traits communs qui unissent entre elles les productions du groupe entier ; l’unité n’est pas moindre dans la série attico-ionienne que dans la série attico-dorienne ; et les deux séries, prises en bloc, demeurent en face l’une de l’autre, bien distinctes de physionomie et d’esprit.

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