‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 26 sur 312 · J'aurai à revenir plus tard sur ce fait · texte numérisé non relu

J'aurai à revenir plus tard sur ce fait

2. Qu il soit le premier fronton exécuté en cette matière, dans l’Àttique, cela aussi est presque certain. Car des édifices à frontons ne se construisaient pas tous les jours; si le fronton de l'Hydre n’était pas le premier, il faudrait donc admettre que la sculpture en pierre tendre comptait déjà un temps assez long d'existence au moment où il fut exécuté; mais alors l’exécution n’en serait pas si rudimentaire, et la qualité de la pierre-serait meilleure.

FRONTON DE l’hYDRE

ses défauts et s’en est accommodé, c’est donc qu’il mettait à bien haut prix l’ avantage de la sentir docile et douce à sa main, aisée à couper comme du bois; c’est donc enfin qu’il n’était point capable encore d'en travailler une plus dure. Les raisons de cette incapacité sont que le métier qu’il avait appris de ses prédécesseurs et qu’il avait lui-même exercé jusqu’alors était celui d’imagier en bois, et que les instruments dont il savait l’usage étaient ceux de la sculpture en bois. Nous les reconnaissons bien, en effet, au travail qu’ils ont accompli. C’étaient des instruments coupants, qui, au lieu de faire éclater la matière, la tranchaient sous la pression de la main ou sous les coups du maillet. C’est avec la scie que l’artiste a commencé à dégrossir ses plaques de calcaire; c’est avec le ciseau des menuisiers et l’herminette qu’il a détaché les silhouettes de ses personnages et donné à son bas-relief l’épaisseur convenable 1 ; c’est avec la gouge qu’il a repris la plupart des détails intérieurs, creusé les sillons légers qui, dans le corps d’Héraclès, par exemple, indiquent la structure du thorax, délimitent les muscles de la jambe, contournent la cheville ou la rotule, marquent la saillie des tendons; c’est avec une pointe aiguisée qu’il a buriné les spirales du corps de l’Hydre et la langue bifide que darde chacune des gueules ouvertes, séparé les pattes du Crabe, achevé les détails les plus fins de la tête d’Iolaos ou du harnais des chevaux. Peu importe, d’ailleurs, la forme exacte de ces instruments et les variétés qui pouvaient en exister; l’essentiel est d’avoir constaté qu'ils coupaient la pierre, comme ils eussent coupé le bois.

Que résulte-t-il de là quant à la qualité de l’exécution? Une lame coupante, qu’elle soit rectiligne, comme celle du ciseau, ou concave, comme celle de la gouge, produit d’ellemème, si elle est poussée dans la matière tendre, une surface tout unie ; et, moins la matière oppose de résistance, plus cette surface unie s’allonge sous l’effort de la main, surtout quand celle-ci est novice encore et ne sait pas se régler. Les œuvres en bois des imagiers primitifs furent inévitablement taillées à grands plans rigides, à angles brusques, sans modelé, un tel genre de travail étant la négation même du modelage2. Dès

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