‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 260 sur 312 · Hist. gr ., tracl. Bouché-Leclercq, II, p · texte numérisé non relu

Hist. gr ., tracl. Bouché-Leclercq, II, p

CONSÉQUENCES DE l’iNVASION PERSE 427

supplément de contribution en argent ; elles contractèrent en quelque sorte une assurance avec Athènes, qui se chargeait de les défendre contre l'ennemi commun, sans qu’elles eussent à se défendre elles-mêmes. L'instrument de la défense, à savoir la flotte, tendait ainsi à être de plus en plus aux seules mains des Athéniens, bien qu’il continuât d’être entretenu par tous les alliés ; la flotte athénienne devenait de plus en plus nombreuse et puissante, sans qu’il en coûtât davantage à Athènes L

D’un autre côté, la tournure généralement heureuse que prit la guerre, les périodes d’accalmie où l’hostilité des Perses semblait s’endormir, procurèrent des excédents à la caisse fédérale ; un véritable trésor s’accumula à Délos : tandis qu’au début les 460 talents qui formaient le total des paiements annuels devaient passer tout à l’entretien de la Hotte1 2, vingtcinq ans plus tard les réserves montaient à 5.000 talents 3. Or, de même que la flotte de la Ligue était devenue peu à peu une flotte presque exclusivement athénienne, il semblait aux Athéniens que la caisse de la Ligue, gérée par eux dès le commencement, était de plus en plus une caisse athénienne ; aussi, un bon prétexte s’étant offert et Périclès l’ayant saisi, cette caisse finissait, en 450, par être transférée de Délos à l’Acropole d’Athènes 4. A partir de ce moment, l’État athénien avait sous sa main de quoi subvenir à toutes les dépenses qu’il lui plairait d’entreprendre, et il était assez fort à la fois pour s’arroger le droit d'user à son gré des revenus de la Ligue et pour ne pas souffrir que ces revenus cessassent d’affluer d’année en année par le paiement des contributions dues. Athènes allait pouvoir enfin réparer ses désastres, de la digne façon qu’elle rêvait depuis 480.

Déjà quelques années auparavant, une démarche curieuse

Page 1