Plutarque, Périclès
2. La date des ambassades envoyées par Athènes pour préparer le congrès panhellénique était loin d’être fixée : cf. Curtius, op. L, p. 620; Busolt, op. I. p. 445, note 2. Or, ce n’est certainement qu’après l’échec de l'idée du grand congrès que les Athéniens se rabattirent sur leurs alliés seuls et leur firent rendre le « vote des prémices ». Étant établi aujourd’hui que ce vote fut rendu en 454 (cf. le résumé de la démonstration par M. Foucart, Rev. de philol. , XXVII, 1903, p. 9), le décret athénien relatif au congrès panhellénique ne peut guère être postérieur à 456.
3. Cf. la très heureuse explication que M. Foucart ( l . /., p. 9-12) a donnée d’une formule insolite, qui a été employée dans ces textes, en raison justement du versement des prémices par les adhérents de la Ligue maritime.
CONSÉQUENCES DE l’iNVASION PERSE
taire, se trouve de plus avoir le privilège, en 451, de prélever annuellement les prémices des contributions versées par ses alliés ; et peu après, en 450, c’est la caisse même de la Confédération, une caisse archi-pleine, qu’elle prend chez elle et dont elle usera à sa guise, puisqu’elle en a seule le contrôle et que sa flotte puissante l'autorise, comme l’assurait Périclès, à ne rendre de comptes à personne 1 . Dès l’année suivante, les hostilités avec la Perse sont finies ; et, sans attendre la conclusion, d’ailleurs prochaine, de la paix avec les Lacédémoniens aussi, Périclès peut enfin aborder la réalisation de son dessein, qui est de rendre Athènes aussi brillante qu’elle est forte, aussi magnifique qu’elle est glorieuse, « de la parer, de la dorer, de dépenser les talents (des alliés) par milliers pour ses statues et ses temples » 2. On dresse un programme des travaux ; et, en moins de vingt ans, entre la fin de la guerre avec les Perses et le commencement de la guerre du Péloponnèse, une œuvre énorme est accomplie3. Pour l’Acropole d’abord, un plan d’ensemble est arrêté, dont les diverses parties s’exécutent successivement : c’est le petit temple d 'Athéna Nike, et la grande Promachos en bronze de Phidias, puis le Parthénon, puis les Propylées, et peut-être l’Érechtheion même 4. Dans la ville s’élèvent, entre autres constructions, le Métroon, l’Odeion, le temple d ' Hèphæstos 5. Dans l’Attique, on reconstruit au cap Sounion le temple de Poséidon , et on y ajoute un petit temple à Athéna ; on dote Rhamnonte d’un grand temple propre à contenir une statue colossale de Némésis ; on attaque à Eleusis un Télestérion, d’une grandeur jusque là inconnue. Bref, de 450 à 432, on travaille sans interruption, de la façon la plus active, sur l’Acropole, cependant que d’autres édifices sortent aussi de terre dans le reste de la ville et du pays ; et nous ne parlons que des édifices en marbre, et la plupart de ces édifices étaient de dimensions considérables et comportaient un nombre abondant de colonnes. De cette époque date vraiment la résur-