‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 270 sur 312 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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que la dépense, relativement peu élevée, n’obligeait pas à de longs délais, ainsi qu’il arriva pour les grands édifices religieux; mais cette hâte n’en demeure pas moins significative, lorsqu’on songe à tant de besognes urgentes qui s’imposaient de toutes parts et débordaient de beaucoup les ressources actuelles de l’État. C’est donc que ces deux bronzes, qui furent prêts avant même que les murs de la ville ne fussent rebâtis, avaient pour la cité une importance spéciale. Je ne puis m’expliquer ce traitement privilégié que si ces statues étaient plus qu’un monument honorifique élevé à la mémoire de deux victimes des tyrans d’autrefois, si elles étaient une commémoration officielle des origines du régime nouveau, opposé directement à la tyrannie et né de la chute même de celle-ci, du régime démocratique ou plutôt isonomique1, auquel Athènes s'était depuis trente ans attachée d’une âme d’autant plus ardente qu’elle avait couru,, plus de dangers pour le fonder et le maintenir et qu’elle y avait puisé la force et la fierté de sa résistance contre tous les assauts2. Le dernier assaut, le plus terrible, venait d’être repoussé ; l’antique xoanon d’Athéna, qui avait accompagné les Athéniens à Salamine, avait réintégré l’Acropole : en relevant immédiatement dans l’agora, avant tout autre monument d’aucune sorte, les statues des Tyrannoctones , la cité semble avoir attesté qu’elle voyait en ce groupe son palladium politique, comme l’image de bois d’Athéna était son palladium religieux. Ne fallait-il pas, pour que le groupe d 'Harmodios et Aristogeiton eût pris cette importance exceptionnelle et revêtu cette sorte de caractère symbolique, qu’il eût été mêlé à la vie de la cité, depuis que celle-ci avait commencé sa vie nouvelle, c’est à dire depuis l’expulsion des Pisistratides3? La date qui est la plus rapprochée de l’inaugu-

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