Cf. Alhen. Millheil ., XV, 1890, p
LES TYRANNOCTONES
réalité pas la même dans les deux cas1; il n'existe qu’une
simple analogie, qui ne suffit point pour nouer le lien d’une
proche parenté. Tout le reste, en effet, diffère en ces deux
têtes : structure du crâne et coupe du visage, dessin des
oreilles, modelé du menton, dessin de la bouche, de l’arcade sourcilière et des yeux2. Les yeux surtout sont dignes d’attention : tandis que, dans la coré d’Anténor, la paupière supérieure s’abaisse large et lisse sur le globe qui était certainement3 4 5 6 très saillant, en forme d,e bourrelet très convexe, cette paupière chez Harmodios est relevée, presque entièrement rentrée sous l’arcade, et le globe de l’œil est relativement plat. La différence est des plus caractéristiques ; elle constitue un des indices les plus sûrs pour la date à donner aux Tyrannoctonesk. Mais cette différence et toutes les autres qu’on découvre dans là tête d' Harmodios , par rapport à la tête de la coré d’Anténor, ne marquent pas seulement que cette œuvre-ci est la plus ancienne des deux; elles révèlent que les deux œuvres ne sont pas de la même famille, ne procèdent pas du même esprit. Au contraire, tous les traits essentiels de la tête d 'Harmodios, structure du crâne, verticalité du visage, dessin de la paupière supérieure et du globe de l’œil, allongement du menton, nous les retrouvons dans la tête colossale de déesse, dite tête Ludovisi*, qu’on croit être de provenance sicilienne; nous les retrouvons aussi dans une tète d’ Héraclès, sur une métope de Sélinonte représentant Héraclès et /'Amazone*; et enfin M. Græf7, en une analyse très juste,
1. La coré d’Anténor se laisse bien plus justement comparer, à ce point de vue, avec la petite tète bleue de l’Acropole : cf. ci-dessus, p. 273, fig. 23. Les cheveux A' Iturmodios ne sont plus, comme dans cette petite tête bleue ou dans la core’, des boucles plus ou moins longues contournées par la frisure; ce sont des mèches courtes , également courtes sur tout le crâne : cf. J. Lange, Darstellung d. Menschen , trad. Mann, p. 73, note 1.