Eschyle, Perses
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3. On a parfois mis en doute leur nationalité attique. Mais Pausanias (VI, 3, 0) désigne formellement Critios comme étant un Attique ; quant à Nésiotès, son nom peut provenir d'un surnom autrefois donné à l’un de ses ascendants et ne prouve pas du tout que lui-même ne soit pas né en Attique. — Pour préciser un peu les dates de leur carrière, l'indication la plus importante résulte justement de la commande qui leur fut faite du groupe des Tyrannoctones en 479 ou 478 ; évidemment ils étaient alors déjà des sculpteurs très en vue à Athènes : leur carrière était donc commencée avant 480, et c’est probablement dans la période antérieure à la ruine d’Athènes qu’ils avaient chez eux comme élève Ptolichos de Corcyre (Pausanias, VI, 3, 5). — Il faut remarquer la curieuse association de ces deux artistes. Pausanias, il est 4rai, ne nomme que Critios comme auteur des Tyrannoctones, ainsi que de la statue d 'Épicharinos (Pausanias, I, 8, 5; 23,9); mais Lucien {Philopseud., 18) désigne Critios et Nésiotès ensemble pour les Tyrannoctones, et, l'inscription de Y Épicharinos ayant été retrouvée, on y lit aussi les deux noms (cf. Lolling, Calai, inscr. Acrop., p. 52-53, n° 08; Lœwy, Inschr. gr. tiildh., n° 39). Les autres signatures connues(cf. Lolling, op. L, p. 52 sqq., n' 57-61; Lœwy, op. /., nos 38-40, 398) confirment la permanence de cette association,
LES TYRANNOCTONES
dont nous avons groupé les œuvres, ou plutôt les rares épaves, sous le titre conventionnel, mais clair, de « série atticodorienne ». Ils n’ont pas gardé le contact avec l’art ionien; ils se sont rapprochés franchement de l’art qui s’était développé au vie siècle dans la Grèce occidentale et qui, par diverses voies, était venu s’offrir à Athènes au début du ve siècle. Ils ne copient pas servilement le type des statues « doriennes», leur talent personnel les élevant au dessus du rôle d’un simple imitateur; mais ils les ont étudiées et s’en inspirent, tout autant que leurs devanciers, un demi-siècle plus tôt, avaient étudié et su reproduire le type des corés ioniennes. Contemporains d’Hégias, peut-être un peu plus jeunes seulement, ils représentent les mêmes tendances que cet « Attico-dorien », élève probable d’Hagéladas 1 ; c’est avec Hégias que Lucien - les cite comme auteurs de ces vieilles statues « précises, dures, tendues, exactes et serrées de lignes » : jugement qui, au point de vue où se place momentanément Lucien, et par rapport aux productions plus récentes qu’il a devant les yeux, constitue un reproche, mais duquel nous pouvons, nous, faire sortir un éloge, en songeant aux fortes qualités nouvelles dont l’art attique s’enrichissait par des œuvres de ce genre ; jugement qui, en tout cas, nous spécifie clairement le caractère essentiel de ces œuvres-là, un peu sévères et âpres, mais saines et fortes, en même temps qu’il nous montre Critios et Nésiotès partageant avec Hégias l’honneur du premier rang sur l’une des deux voies où marchait, depuis environ 500, la sculpture athénienne.
Après le groupe des Tyrannoctones , la seule œuvre de Critios et Nésiotès dont le sujet nous soit connu est leur statue de l’hoplitodrome Epicharinos, que Pausanias vit dans l’Acropole d’Athènes et dont la base, avec dédicace et signature, y a été retrouvée en effet3. On a suggéré qu’une reproduction libre et rapide de cette statue nous avait été conservée peutêtre par une peinture de vase et un relief de monnaie'*, et
qui s’explique peut-être par l'existence d'un lien de famille entre les deux artistes. Pour quelque raison que ce fût, il est certain qu'ils avaient leur atelier en commun et signaient leurs œuvres ensemble ; nous ne pouvons aucunement les séparer l'un de l'autre.
Cf. ci-dessus, p. 386.