‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 283 sur 312 · Cf. ’Eçvijjl. àp/-, 1888, p. 86 (Sophoulis · texte numérisé non relu

Cf. ’Eçvijjl. àp/-, 1888, p. 86 (Sophoulis

2. Je n’en dis pas autant de quelques autres attributions qu'a proposées M. Furtwængler. Ainsi la statue de bronze, qu’on appelait jadis le bronze Sciarra (cf. Rœm. Mittheil., II, 1887, pl. IV-V) et qui est aujourd’hui clans la Glyptothèque Ny Carlsberg, à Copenhague, se rattacherait à l’art de Critios et Nésiotès, selon M. Furtwængler (cf. 50“s Berlin. Winckelmprogr ., p. 151 ; Meisterw. gr. Plaslik, p. 76, note 3, fin de la note; Intermezzi , p. 9, note 2); mais ce bronze, raide et sobre, aux épaules fortement carrées, me paraît être une œuvre purement « dorienne ». Le Sélinous de Caslelvetrano (cf. ci-dessus, p. 375), qui ne me semble pas être postérieur à 500 ; un petit bronze du British Muséum, à qui je trouve que c’est faire trop d’honneur de lui reconnaître un style quelconque ; enfin les plus récentes métopes de Sélinonte elles-mêmes, témoigneraient à des degrés divers, suivant M. Furtwængler (cf. Meislerw. gr. Plaslik , p. 76 et note 3: München. Silzungsb., 189"\ II, p. 128), de l’inlluence de l’art de Critios et Nésiotès; et il faudrait admettre tout simplement que ceux-ci ont travaillé pour la Sicile. Mais j’estime que les analogies signalées, dans la mesure où elles existent vraiment, doivent s’expliquer par la voie contraire, c’est à dire qu’elles sont plutôt le résultat de l’influence qu’ont exercée à Athènes, vers le moment où Critios et Nésiotès commençaient leur carrière, les produits des ateliers de la Grèce occidentale, parmi lesquels il convient peut-être de faire une place à ceux de la Sicile et de la Grande Grèce (cf. ci-dessus, p. 382). — Pour certaines autres hypothèses encore, relatives à des œuvres possibles de Critios et Nésiotès ou marquées de leur style, cf. Furtwængler, Meislerw. gr. Plaslik , p. 684, note 3.

3. M. Studniczka ( Arch . Jahrbuch, XI, 1896, p. 290-291, fig. 30) a signalé sur l’Acropole une tête de femme (cf. Alhen. Miltheil., VI, 1881, pl. Vil, 1) qu’il dit être apparentée à celle de VÉphèbe 698. Mais cette tête de femme est mutilée à tel point qu’il vaut mieux la passer sous silence.

4. N° 599. Cf. Brunn-Bruckmann’s Denkmæler , 546, à gauche (notice de

En son état actuel, le morceau ne se laisse pas expliquer d’une façon complète ; les deux bras faisaient certainement l’un et

Fig. 39. — Torse d'homme cuirassé (Acropole).

M. Arndt). — Notre fig. 39 est une reproduction réduite d’une excellente épreuve que m'a fort obligeamment communiquée la maison Bruckmann, de Munich.

l’autre un geste violent; le bras droit, tout entier rapporté', devait se tendre en avant ; peut-être s’agit-il d’une figure isolée d’archer, ou, plus probablement, d’un groupe de deux combattants, qu’il est impossible, d’après ce seul fragment, de reconstituer et d’identifier. La cuirasse qui revêt le torse en moule exactement les formes, surtout par devant1 2, au point qu’on pourrait ne pas s’apercevoir de la présence de cette armure, sans la légère saillie du bord inférieur. D’autre part, sur l’épaule droite et la fesse droite, on discerne des contours d’ornements, incisés au burin, qui étaient jadis coloriés : ce sont vraisemblablement les restes de la décoration d’un chitôn court, qui était porté sous la cuirasse, chitôn sans plis et sans relief, indiqué par la couleur seule, de la même façon que devaient être indiqués aussi le bord supérieur et les épaulières de la cuirasse3. Ce torse a donc été modelé presque comme s’il était nu : ses formes pleines et puissantes, ses contours vigoureusement bombés, la franche saillie du muscle sur la crête iliaque rappellent le torse d 'Harmodios. C’est une œuvre « de style sévère », dit M. Arndt4; et le style sévère dans la sculpture attique de la première moitié du ve siècle est celui qui eut pour inspirateur et pour guide l’art de la Grèce occidentale, et qui est à nos j'eux, Hégias n’existant plus, le plus clairement représenté par Critios et Nésiotès.

A ces quelques sculptures, de lignes si nettes et de modelé si ferme, il est intéressant de comparer une statue, d’un tout autre caractère5, qui se dresse, au musée de l’Acropole (n° 692), juste en face de la statue d ’Ep/ièbe 698, attribuée à Critios et Nésiotès. C’est un éphèbe aussi, et du même âge, représenté dans une pose presque pareille et à peu près avec les mêmes dimensions ; mais là se bornent les ressemblances.

1. Même détail, avec même genre de travail du trou carré dans l’épaule, pour le bras droit du Minolaure, dans la métope Thésée et le Minotaure, du Trésor des Athéniens à Delphes (cf. Homolle, Fouilles de Delphes , IV, pl. XXXIX).

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