L. Z., fin de la notice
5. Cf. Athen. Mittheil ., XXV, 1900, pl. XV, p. 373 sqq. (Delbrück); XXVI, 1901, pl. XV : Pawlowski, op. Z., p. 111, tig. 27. — La tète est très mutilée ; il n’est pas tout à fait sur qu’elle appartienne à la statue.
Ce long corps, aux formes coulantes, aux contours de cire, dont l’ossature ne se révèle pas, dont les muscles évitent toute saillie un peu marquée, susceptible d’éveiller l’idée de la force, est très différent du corps d’athlète, puissamment construit, vigoureusement musclé, déjà homme par les formes, que nous présente son voisin d’en face. L’auteur de Y Ephèbe 692 paraît avoir voulu plutôt rendre l’âge indécis de l’adolescence, où les traits de l’adulte commencent seulement à s’ébaucher ; où le corps, qui s’est allongé trop vite, n’a pas eu le temps encore de s’étoffer en proportion de sa longueur. M. Delbrück 1 2 juge que cette statue est antérieure à 500; je la crois, au contraire, bien plus récente, et sensiblement contemporaine de l’autre Ephèbe : elle a, sur lui, l’avantage d’offrir une pose des deux bras plus variée et plus en harmonie avec celle des jambes, le mouvement du bras droit en arrière balançant le mouvement de la jambe gauche en avant. Ce dernier trait a une importance singulière et doit compter beaucoup pour la date de l’œuvre, puisqu’il indique un affranchissement décisif par rapport aux anciennes règles qui déterminaient l’attitude de la figure debout au repos ~. — M. Delbrück attribue cet Ephèbe 692 à un artiste de Paros, tout au moins le fait rentrer dans le cycle de l’art de Paros. Mais il est aventureux de parler d’un art de Paros, autonome, formant une école distincte ; nous ne savons pas s’il a existé rien de tel 3, et plus probablement il ne doit y avoir eu à Paros que des ateliers actifs, les plus actifs peut-être de la Grèce insulaire, en tout cas apparentés dès l’origine à ceux de Chios4 et se confondant avec le gros de la sculpture ionienne. Ce qui reste vrai est que la statue 692 reporte notre pensée du côté ionien, aussi nettement que l’autre Éphèbe et les Tyrannoctones la portaient du côté « dorien ».
Mais elle peut bien, tout comme ceux-ci, avoir été exécutée en Attique, par un artiste attique. C'est le modelé qui constitue son caractère essentiel : un modelé merveilleusement doux et caressé, coulant et fondu, le plus approprié qui soit
2. C’est pour cette correspondance en diagonale des mouvements des bras et des jambes que Brunn employait le terme de chiasmos. Sur la valeur significative du chiasmos dans les statues de l’archaïsme finissant, cf. Berlin, philol. Wochenschr 1900, p. 1041 (Bulie).
3. Cf. Wien. Jahreshefte, VI, 1903, p. 159, note 165 (Studniczka).