Cf. ci-dessus, p. 1*0, note 3, et p. 212, note
au beau marbre transparent1, buveur de lumière, que le sculpteur a mis en œuvre ; et, si les formes graciles de l’ adolescence ont été rendues ici avec un réalisme qui est une exception dans l'art de cette époque, ce doit être parce que ces formes se prêtaient mieux à une telle qualité de modelé que les muscles fermes et les contours arrêtés d'un corps athlétique. Or, nous avons déjà constaté auparavant, dans certaines productions de la sculpture athénienne, ce goût particulier du modelé, à la fois inspiré par les ressources de la matière et si bien servi par elles, qui recevra plus tard, de Praxitèle, la consécration suprême ; les Attiques y ont été initiés grâce aux Ioniens, mais ils ont profité admirablement de la leçon et l’ont développée avec une maîtrise croissante : la stèle d ' Aristion, le fronton de la Gigantomachie , et en dernier lieu la belle tète de coré 684 et plus encore celle de la coré 674- témoignent du progrès continûment réalisé en ce sens par ceux des artistes d’Athènes qui suivent le courant attico-ionien. Aussi ne vois-je nul obstacle à ce que cette statue d'Jbphèhe 692, retrouvée sur l’Acropole d’Athènes, soit effectivement athénienne d’origine : qu’on la dise ionienne par ses ascendants, cela ne sera pas contesté; mais qu’elle-même ait dû naître à Paros, comme le veut M. Delbrück, et qu'elle n’ait pu être taillée que par un sculpteur insulaire, il est permis d’en douter d’autant plus qu’on a la preuve, par d’autres œuvres, que l’ionisme, triomphant entre 550 et 500, n’était pas mort après 500 et restait toujours vivace à Athènes dans la première moitié du ve siècle.
Voici, en effet, sur l’Acropole encore, la grande statue d 'Athéna*, à laquelle on a pris l’habitude d’associer, un peu à l'aventure, le nom d’Endoios 4 : trop connue pour qu’il soit
V Cf. Delbrück, l. L, p. 313.