Pausanias, IX
blable', aurait pour résultat immédiat de rejeter hors de l’art attique une œuvre qui nous paraît y avoir très légitimement sa place.
L’auteur a voulu, comme il était naturel, varier un peu ses trois personnages par le visage, la coiffure et le costume : variété, d’ailleurs, superficielle et légère, qui n’altère pas l’unité d’esprit et n’aboutit point à un mélange de formes hétérogènes. On remarquera, dans la Charité du milieu (fig. 40, à droite), que les plis verticaux du péplos entre les jambes se souviennent encore, si je puis dire, des plissements compassés et conventionnels du chitôn ionien ; un reste d’archaïsme, du genre d’archaïsme propre à la période antérieure de l’art attique, persiste donc sur ce costume qui a déjà pourtant la beauté simple et noble de l’âge classique. La ceinture, si elle existe, est passée sous Yapoptygma , et, par conséquent, n’est pas visible : on a observé 1 2 3 qu’une telle mode était rare à Athènes pour cette époque 4 ; mais cette rareté doit tenir à ce que les œuvres de sculpture sont elles-mêmes très rares alors, et le péplos sans ceinture apparente ne fournit-il pas une transition entre le costume dont nous avons vu un exemple précédemment, dans une statue de Nike 5 6, et le péplos avec ceinture par dessus Yapoptygma , tel que nous allons le rencontrer prochainement ? Les têtes des Charités évoquent, comme leur costume, l’art sévère des régions doriennes, et M. Arndt,;a signalé, pour deux d’entre elles, une ressemblance précise avec certaines têtes dont il attribue les originaux à des ar-
1. Je suis frappé du fait que, dans les divers textes relatifs à l’attribution du bas-relief à Socrate (cf. Overbeck, Schriftq ., 910 sqq.), cette attribution est toujours présentée comme un on-dit : e/.éyzx o, Xéfouoi'/, çaa-t, evi oi <p&ai. 11 me parait presque certain, d’après cela, qu’il n’y avait pas de signature sous le relief. Car autrement, pour que la légende prît naissance, il eût fallu, de tonte nécessité, que la signature donnât uniquement le nom de Socralès sans patronymique, puisque celui-ci eût suffi à marquer qu’il ne s’agissait pas de Socrate fils de Sophroniscos ; et, la signature se lisant simplement : SuwpâTr); £7roÎ7)T£v, l’attribution à Socrate aurait eu alors un fondement assuré, d’apparence incontestable, et on ne l’aurait pas présentée comme un on-dit.
2. Cf. la description détaillée faite par M. Amelung ( l . I.), d’après le relief du Vatican.
3. Cf. Furtwængler, Meislerw. gr. Plastik, p. 37 ; Arndt-Amelung’s Einzelaufn ., 731-732, p. 27 (Arndt).
4. Cf. cependant deux petits bronzes de l’Acropole : De Ridder, Catal., n”s 785 et 788.