‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 289 sur 312 · Cf. Glypt. Ny Carlsberg , p · texte numérisé non relu

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tistes de Sicyone. L’auteur inconnu du relief des Charités est donc de ceux qui se tournèrent vers l’art de la Grèce occidentale, et, s’il paraît avoir suivi de près ses modèles, c’est peut-être que, sculpteur de second ordre 1 2 , il a été davantage un imitateur qu’un créateur. Néanmoins, il suffit, à mon avis, de comparer le costume des deux Charités de gauche et du milieu à celui des figures féminines purement péloponnésiennes, antérieures à 450, pour reconnaître que l’austérité du modèle choisi a été tout de même un peu adoucie par un souffle attique d’élégance et de grâce.

Un tel souffle se sent bien plus dans une petite statue représentant Athéna ( Au musée de l'Acrop ., p. 189, fig. 20), à laquelle manque malheureusement la tête h La déesse, debout, immobile, les deux pieds à plat, la jambe droite légèrement fléchie, s’appuyait de son bras droit, haut levé, sur sa lance, tandis que sa main gauche reposait contre la hanche, par dessus le vêtement où les restes des doigts mutilés sont encore visibles. Elle est vêtue d’un chitôn à manches collantes et très courtes, qui débordent à peine de l’épaule sur le haut du bras3, et d’un péplos à apoptygma ; le péplos est ouvert sur le côté droit; mais une ceinture, passée par dessus Y apoptygma, le maintient étroitement contre le corps. Ce péplos est court, fort simple, sans ampleur, et cependant n’a pas l’aspect rude et trop peu féminin que le vêtement nous offre dans maintes figures péloponnésiennes. Sa simplicité n’est pas inélégante, et elle s’accorde très justement avec la pose, simple aussi, naturelle et aisée, du corps. Le trait le plus notable de la figure est ce geste sans façon de la main gauche appuyée sur la hanche : par contraste avec les lignes raides et forcées d’autrefois, il nous avertit que le naturel des attitudes est enfin conquis. Ce n'est pas le sujet qui obligeait l’artiste à un tel geste ; il l’a volontairement choisi; et, pour avoir seulement l’idée de le choisir, il devait se sentir bien dégagé de toutes

1. Le nombre des répliques de son œuvre (cinq connues jusqu’à présent) doit venir surtout de ce qu’on croyait qu’elle était de la main de Socrate.

2. N° 140. Découverte en 1864. Cf. Studniczka, Beitræge zur altgr. Trachl ,

p. 142, fig. 47 ; àp/., 1SS7, pl. VIII, 1-2, p. 148 sqq. (Studniczka) ;

Lepsius, op. Z., p. 70, n° 24 : marbre des Iles. — M. Petersen [Rœm. Mitlheil ., XII, 1897, p. 318 sqq.) a fait un curieux rapprochement entre celle statue cl 'Athéna et une peinture de vase.

3. Le même genre de chitôn est porté par la Niké de la série atticodorienne : cf. ci-dessus, p. 371, fig. 30.

les contraintes de l’archaïsme. On peut, d’après cela, dater la statue des environs de 460 *. — A diverses reprises - on en a signalé les analogies avec les sculptures d’Olyrnpie, et on a été porté, en conséquence, à y voir une œuvre plus péloponnésienne qu'attique1 2 3 ; mais, au contraire, elle est, ainsi que l’a soutenu M. Furtwængler4, bien attique d’origine et d’esprit. Seulement il faut ajouter qu’elle laisse, en quelque sorte, entrevoir derrière elle les influences de l’art du Péloponnèse et, plus généralement, de la Grèce occidentale, qui ont agi à Athènes depuis le début du ve siècle et ont modifié gravement le style d'une partie des artistes athéniens. Si cette petite Athéna , tout en gardant le souvenir de ces influences-là, peut être dite néanmoins « purement attique », c’est la preuve que l’art attique a fini de s’assimiler les éléments à lui fournis par les produits des ateliers « doriens », comme auparavant ceux qu’il avait reçus des écoles ioniennes.

La même conclusion exactement vaut pour le relief Athéna au pilier , que j 'ai essayé d’interpréter d'après la légende qui fait de la déesse la mère adoptive d’Érichthonios5 6. Comme la statue précédente, que rappellent de fort près l’aspect du costume et le geste des bras, cette petite œuvre, simple et charmante, est purement attique fi; et si l’on y aperçoit quelque reflet de l’influence des écoles doriennes7, c’est uniquement ce que, des caractères propres à ces écoles, la sculpture attique s’était incorporé et avait fait sien, durant la première moitié du ve siècle. Relief et statue constituent deux excellents témoignages du résultat qui se trouvait acquis sur ce point, entre 460 et 450 8.

1. M. Studniczka (’EoïpA. dp/., 1887, p. 154) indiquait la date de 480, qui est trop ancienne ; M. Furtwængler {Meisterw. gr. Plastik , p. 40) dit : 405 environ.

2. En premier lieu M. Wolters, dont l'opinion a été citée et adoptée par M. Winter ( Arch . Jcihrbuch , 11, 1887, p. 233, note 53); mais surtout M. Studniczka ( l . L, p. 152).

3. « OEuvre d’un artiste qui appartenait ou se rattachait étroitement à l’école péloponnésienne >> (Studniczka, l. I. , p. 153). C’est aussi l'opinion de M. Græf {Athen. Mittheil ., XV, 1890, p. 22, n» 8).

4. Cf. Arch. Stud. H. Brunn dargebr., p. 85; Meisterw. gr. Plastik, p. 41.

o. Cf. Monuments Piot, 111, 1896, pl. I, p. 5 sqq. (H. Léchât) ; Collignon. Hist.sculpt.gr II, p. 144, fig. 70; Id., La polychromie dans la sculpt. gr., p. 44, pl. III.

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