Cf. Athen. Mittheil., XV, 1890, p. 25-26 (Græf
8. J’avais eu tort, dans ma première publication (Z. L, p. 23), de faire des»
Enfin, une petite tête de femme, récemment retrouvée par M. Furtwængler1 dans les réserves du Musée national d’Athènes, ajoute un numéro encore à cette série de documents instructifs. Elle provient d’un relief à forte saillie, probablement d’une sculpture votive, et doit dater de 460 environ. L’arrangement de la chevelure offre certains détails qui ne sont connus par aucun autre exemple : sur le haut du crâne, les cheveux sont simplement peignés; puis, sur le front, au dessous d’un mince cordonnet enserrant la tête à plusieurs tours, courent deux larges bandeaux ondulés, lesquels, arrivés près de l’oreille, laissent retomber verticalement leur extrémité en forme d’une grosse boucle molle, descendant jusque vers le milieu de la joue. Les yeux sont remarquables par l’épaisseur des paupières et par le rapprochement de la paupière supérieure et de l’arcade sourcilière, surtout du côté externe-. Il y a entre ce marbre et les têtes des métopes d’Olympie une parenté évidente, mais aussi, comme l’a observé M. Furtwængler3, des différences significatives : le travail de la tête attique est, d’une façon générale, à la fois plus précis et plus fin, plus élégant, dépouillé de toute rudesse. Quand une main attique imite un type de l'art « dorien », toujours, suivant un secret instinct, elle l’adoucit, sans d’ailleurs l’amollir, et, qu’il s’agisse du costume ou du visage, y introduit, par de légères retouches, un air nouveau, étranger au modèle, bref un reflet de l’esprit attique.
Les œuvres diverses qui viennent d’être examinées jusqu’à présent, outre que leur caractère se laisse déterminer dès l’abord, ont l’avantage de ne pas prêter à de grandes contestations quant à leur date : qu’on les avance ou les recule d’une dizaine d’années, elles demeurent enfermées dans la période 480-450. Il n’en est plus ainsi pour les deux dont il me reste à parler. — La première est une tête d'homme, du Musée natio-
cendre le relief jusqu’au dernier quart du v“ siècle. M. Furtwængler ( Meis lerw. gr. Plastik , p. 40) avait indiqué la date 460.
1. Cf ’E yw- àpx-i 190b pl. VI II , p. 143 sqq. Marbre pentélique. Hauteur maximum, 0m,16.
2. Cette retombée de l’arcade sourcilière sur le coin externe de l’œil et celte légère saillie du muscle orbiculaire des paupières ne sont-elles pas la première indication d’un modelé particulier de l’œil, auquel Scopas, plus tard, donnera tant d’importance et dont il fera le trait essentiel de ses têtes?
nal d’Athènes', qu’après hésitation je crois pourtant devoir placer ici (fig. 41). L’impression qu'elle cause est un peu trouble; et il y a, en effet, une sorte de disparate entre l’aspect de la chevelure et le caractère du visage. Mais cela suffit-il pour qu’on la considère connue une œuvre archaïsante, ou qu’on la
Fig. 41. — Tète d'une statue d'homme (Athènes, Musée national).
ramène jusqu’après Phidias, à la fin du v° siècle1 2? La chevelure, avec sa luxueuse couronne à triple étage de boucles frisées,
1. N° 05. Cf. Arndt-Amelung’s Einzelaufn ., 1201-1202 (bibliographie).
2. C’est l’opinion de M. Furtwængler : cf. Staluenkopieen , I, p. 13 ( München . Abhandlungen , 1896, p. 537).
n’est pas différente de celle que nous voj'ons à la Charité du milieu1, dans le relief des Charités rapporté aux années 470- 460; nous la retrouvons aussi dans une tête d’homme, de la même époque, au musée de Catane2. Pour les traits du visage, je ne crois pas me tromper en y découvrant une notable ressemblance avec ceux de Vhphèbe de l'Acropole qu’on attribue à Critios et Nésiotès3 : n’est-ce pas la même coupe des joues, presque le même dessin du tour de l’œil et des paupières, et surtout la même forme allongée et lourde du menton? Les éléments principaux qui composent l’ensemble se retrouvent donc dans d'autres œuvres attiques du deuxième quart du vc siècle. Seulement leur réunion ici surprend un peu ; et ce qui me paraît le plus surprenant est la forme de la chevelure retombant en longues boucles par derrière et sur les épaules4 : en sorte que nous Aroyons, en un temps où les modes simples, voire sévères, s'imposent pour les coiffures connue pour le costume, une chevelure du genre archaïque ionien encadrant un type de visage emprunté à l’art dorien5 6. Cet amalgame, qui n’est pas très heureux, peut tenir simplement à un manque de goût de l’auteur ; et, de fait, la froideur et le peu d’accent de l’exécution semblent bien déceler la main d’un artiste de second ordre.
Tout autre est la tête Sabouroff , du musée de Berlin0: franche d’accent, vivante et personnelle, au point qu’on la prend d’ordinaire pour un véritable portrait. Je ne crois pas du tout que c’en soit un7 ; mais il est incontestable qu’elle est propre à faire
1. Réplique du Vatican : cf. ci-dessus, p. 463, note 2. — Comparer encore une petite tête de femme, très mutilée, d’origine attique : Arndt-Amelung’s Einzelaufn ., 1036.
2. Cf. Rœm. MiUheil ., XII, 1897, pi. VI, p. 124 sqq. (Petersen); Perrot, Hist. de l’art, VIII, p. 499, fig. 256.