ÉPANOUISSEMENT DE L’ART ATTIQUE
lot d’artistes choisis, uniquement soucieux de développer cet idéal d’élégante finesse, sera-t-on surpris qu’ensuite arrive un Callimaque, lequel, résumant et couronnant tous les efforts accomplis, sera sans rival propter elegantiam et subtilitatem artis marmoreae 1 2 3 4, un suprême raffiné dont le seul défaut sera de vouloir aller au delà des limites mêmes de son génie : sem~ per calumniator sui nec finem habentis diligentiae 2 ?
Deux marbres importants, dont la découverte est récente, me paraissent avoir accru la série des œuvres attiques du ve siècle qui restent en dehors de l’art de Phidias et représentent un esprit nettement différent. C’est d’abord, par ordre d’ancienneté, la Caryatide de Tralles , au musée de Constantinople 3, réplique d’un original inconnu qui devait dater des environs de 450. M. Collignon 4 attribue la création originale à « un artiste qui s’inspire de modèles ioniens » : ne serait-ce pas en Attique que cet artiste aurait fait ses études et aurait pris sa juste dose d’ionisme? Car la tête de la Caryatide de Tralles , si on en détaille avec attention les traits du visage, semble bien être une « suite » de la grande tète à polos , retrouvée sur l’Acropole d'Athènes 5 6 ; et la technique particulière, suivant laquelle a été exécutée la longue nappe de la chevelure sur le crâne et par derrière1’, a été également employée, à notre connaissance, pour deux des corés attiques7, dont l’une est la plus remarquable des productions de l’archaïsme athénien, peu avant 480 8. — L’autre marbre, qui dépasse assurément de beaucoup, en valeur esthétique et en intérêt historique, la Caryatide de Tralles , est le groupe des Danseuses de Delphes 9. Il n’est pas trop téméraire d’espérer que, par lui,
1. Vitruve, IV', 1, 10. — Les mots elegantia , subtilitas, doivent être respectivement la traduction des mots grecs yàpi;, I-eTitoTr,;.