Pline, JV. H., XXXIV
3. Cf. Monuments Piot, X, 1903, pl. II-III, p. 13 sqq. (Collignon).
5. Cf. ci-dessus, p. 392 ; Au mus. de l’Acrop., p. 363, fig. 33.
6. M. Collignon ( l . L, p. 18) a signalé expressément ce trait; mais il lui a échappé que les corés attiques en offraient des exemples.
7. Cf. ci-dessus, p. 396, note 3 (où j’ai cité aussi, à ce sujet, une des corés de Délos).
8. Ce devait être un type très voisin de celui de la Caryatide de Tralles, qu’offrait cette petite coré hydrophore en bronze, antérieure de peu d’années à 480, que les Perses enlevèrent d’Athènes dans leur butin de guerre, et que Thémistocle eut la surprise de revoir à Sardes (Plutarque, Thémistocle, 31, 1).
9. Cf. Homolle, Fouilles de Delphes, IV, pl. LX-LX1I; Bull, corr.hell., XXI, 1897, p. 603 sqq. (Homolle).
nous sont maintenant rendues les Danseuses lacëdémomcnnes de Callimaque L L’oeuvre date, en tout cas, de la seconde moitié du ve siècle, et certains souvenirs superficiels de la facture archaïque s’y mêlent encore à la souple liberté et à la force aisée d’un art entièrement sûr de lui et maître de tous ses moyens. L’attitude de chacune des trois femmes est analogue à celle de la Cari/atide de Tralles : un des bras, le bras gauche, est abaissé, et la main tenait du bout des doigts le bord des plis flottants du chitôn ; l’autre bras, relevé vers la tête, s’arrondissait en anse. Cette gracieuse envolée du bras, qu’accompagne une légère inclinaison de la tête, et à laquelle correspond aussi l’avancement d’une des jambes, fournit la plus heureuse traduction plastique du rythme mesuré et harmonieux de la danse, dont le mouvement même est indiqué, à son tour, par l’agitation des plis du court vêtement. Celui-ci, très fin, transparent, colle exactement sur le corps ou bien se fronce en rides minces, puis, de chaque côté des jambes et entre les deux jambes, s’amasse et se courbe en petites vagues refoulées par le vent.
Or, malgré la grande différence des sujets, on constate une notable analogie dans le geste opposé des deux bras entre les Danseuses de Delphes et cette Vénus de Fréjus, dont l’original, parfois attribué, non sans vraisemblance, à Calamis1 2, est aujourd’hui, avec plus de raison encore, revendiqué pour Callimaque3. L’analogie se poursuit jusque dans le vêtement, dont le caractère essentiel est d’être à la fois collant et plissé, la fine étoffe laissant presque partout transparaître les formes comme si elles étaient nues, mais affirmant aussi son existence contre le corps même par d’habiles froncements et rebroussements, çà et là, de ses plis menus. Un tel rendu de l’étoffe constitue la solution du problème que les Ioniens et, à leur suite, les Attiques avaient posé dès le vie siècle, dans leurs statues de corés, à savoir le problème de la draperie collée sur
1. Les sallanles Lacaenae, citées par Pline (N. II., XXXIV, 92), étaient en bronze. Mais il est possible que le groupe de Delphes, en marbre, ait été une copie grecque de l’original, comme YAgias de Delphes était une copie, en marbre, de YAgias en bronze de Pharsale. — M. Homolle (Bail. corr. hell., XXI, 1897, p. 610-611) a rappelé naturellement les sallanles Lacaenae, à propos du groupe de Delphes, mais résiste à attribuer celui-ci à Callimaque. M. S. Reinach ( Têtes antiques, p. 94, fin d’une note de la p. 93) indique d'un mot qu’il croit à la possibilité de cette attribution, mais en faisant du groupe de Delphes une œuvre distincte des sallantes Lacaenae.
■ 2. Cf. 50e* Berlin. Winckelmprogr., p. 118-121 (Winter).