Cf. Au p
Fig. 45. — Fragment d’une statue de coré (Acropole).
XXIV, 1900. p. 593-594 (Ilomolle).
4. Inédit et non catalogué; le n° 454, tracé sur le marbre, est probablement un numéro d’inventaire. Hauteur, 0m,67. Le fragment se trouvait, en 1902, couché à plat sur le dessus d'une des armoires vitrées, dans la salle du musée où sont exposées les figures du fronton de la Gigantomachie.
non parallèles, brusquement arrêtées, qui ne se rejoignent point. La réussite n’est point parfaite, mais il y a là un changement considérable par rapport à l’ancienne convention : ce n’est qu’un premier pas, mais c’en est un décisif vers une reproduction plus réaliste des fins plissements capricieux du vêtement sur la peau. Il suffit maintenant qu’à chacune de ces entailles, plus soigneusement ménagées, soit ajouté un léger rebord en saillie, pour que l’invention nouvelle soit presque complète ; et nous apercevons déjà un significatif progrès en ce sens dans la petite statue d 'Athéna, qui date de 460 environ L
Pareillement, le geste des Danseuses de Delphes et de la Caryatide de Traites , tenant d’une de leurs mains abaissée quelques plis de leur vêtement, est la « suite » du geste traditionnel des corés archaïques, relevant et tirant en dehors les plis du chitôn ; et le geste de la main gauche de la Vénus de Fréjus répète le geste fréquent des mêmes corés, offrant une fleur ou un oiseau ou un fruit. Sans doute, dans les sculptures de la seconde moitié du ve siècle, ces gestes-là ont gagné beaucoup en vérité et en charme à la fois ; ils se sont assouplis, n’ont plus leur aspect d’obligatoire uniformité, ils ont pris dans certains cas une valeur propre en relation avec le sujet représenté, et à tout le moins ils participent au rythme de la figure: mais, sous une forme nouvelle, modifiée et mûrie, leur origine et leur passé, si je puis dire, ne sont pourtant pas douteux, et il ne faut pas que l’évidente supériorité de l’exécution nous les fasse méconnaître. Comme cet enchaînement nous paraîtrait simple et naturel, si nous avions devant les yeux l'ensemble de la production de la statuaire attique au ve siècle! Car on y verrait que certains artistes ont fait durer les types archaïques et surtout les procédés d’exécution archaïques, bien plus longtemps qu’on n’a coutume de l’admettre; et des rapports qui, dans la pénurie actuelle de nos connaissances, semblent un peu lointains, se révéleraient en réalité beaucoup plus prochains. On a dit1 2 que Callimaque avait pratiqué déjà le genre archaïsant; cela lui fut d'autant plus aisé que, de son temps et autour de lui, l’archaïsme n’était pas encore tout à fait mort. En voici une preuve éclatante, et généralement ignorée.
1. Cf. ci-dessus, p. 466; Au mus. (te l'Acrop., p. 189, fig. 20.