Cf. ci-dessus, p
2. Les hypothèses de M. Brückner ( Athen . Mittheil., XIV, 1889, p. 67 sqq. ; XV, 1890, p. 81 sqq.) sur l'attribution de ces deux grandes sculptures à deux frontons différents sont maintenant condamnées : cf. Au mus. de l'Acrop., p. 117 sqq. ; Wiegand, Poros-Architektur , p. 72 sqq., 88 sqq.
3. Cf. une esquisse de l’ensemble du fronton dans Wiegand, op. Z., p. 106. fig. 110.
ces corps de monstres se ployant, s’enroulant, se développant en longueur et en hauteur à la volonté de ceux qui en usaient1. L’habitude, une fois prise, leur parut douce et bonne à garder : de là ces emplois réitérés des Triton, des Hydre, des Typhon. Pendant ce temps, l’esprit logique et sévère des artistes doriens se rendait compte qu’une composition destinée à rentrer dans le cadre si raidement géométrique d'un triangle doit elle-même s’arranger suivant des lois géométriques; et ce principe était appliqué au vieux fronton en calcaire du Trésor des Mégariens à Olympie. Les Attiques devaient tarder beaucoup plus à se mettre dans la bonne voie.
Ainsi, nous pouvons, à la rigueur, considérer ces deux groupes ( Héraclès et Triton; Typhon) comme s’ils étaient isolés; ce qui importe le plus, ici encore, c’est la matière employée et la façon dont elle a été travaillée. La pierre est lourde, suffisamment serrée de grain, on peut dire même dure, si on la compare aux précédentes; sans les grandes veines creuses qui la traversent çà et là2, ce serait une matière déjà très convenable. Pour qu’elle ait été mise en usage, il a fallu que la main des sculpteurs se fût, depuis le fronton de l'Hydre , grandement affermie, que leur confiance en leurs ressources et en leur habileté se fût accrue, que leur outillage eût reçu les perfectionnements nécessaires. Aussi les voymns-nous, après avoir passé déjà d’un relief très plat à un relief beaucoup plus épais, passer maintenant au haut-relief et à la ronde bosse; ils laissent bien encore la plus grande partie de leurs figures adhérer à la plaque du fond, mais ce n'est plus par nécessité, puisqu’ils ne craignent pas, dans les mêmes figures, de détacher les bras du corps, de porter les têtes en avant, d’évider par dessous les longues barbes pointues. Enfin — car tous ces progrès se tiennent, aussi fortement attachés que les anneaux d’une chaîne — les qualités d’exécution se sont développées, le talent commence à s’épanouir.
Héraclès et Triton 3. — Justement nous retrouvons ici un
1. Cf. Bull. corr. hell. , XIII, 1889, p. 133 (H. Léchât); Michaelis, Altattische Kunst (1893), p. H sqq. ; Wiegand, op. I., p. 107.