‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 47 sur 312 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LA POLYCHROMIE DES SCULPTURES EN PIERRE TENDRE

Lorsqu’une de ces sculptures en calcaire avait reçu le dernier coup de la râpe et que la gouge y avait fait la dernière retouche, elle n’était pas terminée encore. Complète pour nous, les Grecs du vie siècle la jugeaient incomplète, parce qu’elle était nue et sans couleur. Si donc le coloris n’existait plus, nous aurions de cet art primitif une idée forcément inexacte. Par bonheur, il s’est conservé presque partout; le jour de la découverte, il a reparu, en plus d’un endroit, presque aussi frais qu’il y a vingt-cinq siècles, et tout de suite il a réclamé impérieusement sa part dans le jugement des historiens. Il a éclaté à nos yeux surpris, il les a blessés même : on ne peut certes pas le traiter comme une quantité négligeable.

Les éléments de ce coloris ne sont pas nombreux. Quelques sculptures mêmes n'ont été peintes qu’avec une seule couleur : deux têtes ou, plus exactement, deux masques, que j’ai mentionnés en passant1, étaient recouverts d’une couche rouge uniforme, qui rappelle fort bien le barbouillage vineux que subissait chaque année, à Athènes, une image en pierre tendre de Dionysos, œuvre de Simmias2. Il est vrai que ces deux masques ne sont que des ébauches grossières, et peut-être le Dionysos de Simmias ne valait-il pas beaucoup mieux. Mais voici ce même rouge employé seul encore, ou presque seul, dans une œuvre importante et déjà estimable, à savoir le fronton d’où provient le premier groupe à' Héraclès et Triton. Cette monochromie en teinte plate de tout un groupe a paru quelquefois ne pouvoir être admise, et on en a proposé des esplica-

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